
En septembre 2020, la direction de Plus Ultra a perdu son calme. L’assureur, aux abois, cherchait à verrouiller un prêt public de 53 millions d’euros et multipliait les messages privés pour s’assurer du soutien politique nécessaire. Dans des échanges WhatsApp rapportés par la police, les dirigeants imploraient qu’on « annonce, même de parole, qu’on nous accorde l’aide avec une sécurité à 100 % ».
Le dossier de la Unidad de Delincuencia Económica y Fiscal (UDEF) révèle l’obsession : obtenir l’appui de la SEPI, des figures politiques et d’un ancien chef du gouvernement. Les participants citaient nommément « la SEPI, Julio Martínez Martínez ou Zapatero » comme leviers susceptibles de débloquer l’opération. Le climat au sommet de l’entreprise devient vite paranoïaque : qui fuit les conversations ? Qui parle aux journalistes ou à des concurrents ?
Le 11 septembre 2020, Rodolfo Reyes alerte qu’il y a « une fuite d’information » sur les conversations avec José Luis Rodríguez Zapatero. Un chat de groupe baptisé SALA SITUACIONAL PULA77 documente la suite : Roberto Rosellí signale qu’un employé transmet des éléments à la société GOWAIR et affirme que le contact serait l’ex-président. Les échanges montrent à la fois la nervosité et la dérision des patrons : l’un plaisante qu’il devra changer sa photo de profil avant de prendre un appel de Zapatero, un autre propose de mettre « la photo de Mr Bean » en plaisantant que « c’est pareil que Zapatero ».
Ces moqueries, consignées par la police, ne sont pas de simples anecdotes. Elles illustrent deux dynamiques : la dépendance d’une entreprise privée à des relais publics pour éviter la faillite, et la défiance interne provoquée par la perspective d’un sauvetage politique. La fuite d’information — et la certitude qu’elle venait de l’intérieur — alimente un climat de soupçon qui fragilise encore davantage la société au moment décisif.
Le 11 septembre 2020, Rodolfo Reyes signale une fuite d'information sur les conversations avec José Luis Rodríguez Zapatero. Plus Ultra sollicitait un prêt public de 53 millions d'euros. La compilation de ces échanges par l’UDEF éclaire pourquoi l’affaire a attiré l’attention des enquêteurs : elle montre comment, dans une course contre la montre financière, les dirigeants cherchent à instrumentaliser des contacts politiques tout en se méfiant les uns des autres.