
Mardi, Donald Trump a assuré que « les Iraniens avaient abattu » un hélicoptère américain Apache près du détroit d'Ormuz et a prévenu que les États‑Unis « doivent, nécessairement, répliquer ». Il a donné l'information sur son réseau Truth Social, précisant que les deux pilotes « sont en sécurité et indemnes ». Cette annonce ravive les tensions régionales alors que Washington dit poursuivre en parallèle des « derniers efforts » diplomatiques pour conclure un accord avec l'Iran — un pacte que M. Trump a estimé pouvoir être signé « d'ici deux à trois jours ».
La nouvelle n'a pas calmé les marchés : le baril de Brent pour août a chuté de 4,27 % à 90,23 dollars, après être tombé brièvement à 89,57 dollars, son plus bas depuis le 17 avril. Le West Texas Intermediate pour juillet reculait de 5,10 % à 86,64 dollars. Les opérateurs misent sur l'espoir d'une désescalade mais restent nerveux face à des développements militaires simultanés.
Sur le terrain, la violence se propage. L'armée israélienne annonce avoir tué un homme armé qui avait traversé la frontière depuis le Liban et ouvert le feu sur ses soldats près de Kiryat Shmona ; un porte‑parole a confirmé qu'il était passé « depuis le Liban ». À Tyr, dans le sud du Liban, une frappe israélienne a tué au moins huit personnes et blessé 32 autres dans un quartier résidentiel, quelques instants après un appel israélien massif à évacuer la ville en prévision d'attaques contre le Hezbollah.
Les habitants fuient en masse : « le quartier chrétien s'est presque entièrement vidé », rapporte un observateur sur place. Téhéran n'est pas en reste : la télévision d'État iranienne dit que deux militaires de sa défense antiaérienne ont été tués par des frappes israéliennes lundi, « en accomplissant leur mission de défense du ciel du pays ». Une cérémonie funéraire était prévue mardi après‑midi à Téhéran. Entre frappes, ripostes et avertissements, la frontière nord d'Israël et le sud libanais connaissent une montée d'angoisse civique rare.
Sur le plan politique, Paris a pris une mesure forte : le ministre français des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, a annoncé l'interdiction d'accès au territoire français pour le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, ainsi que pour quatre responsables d'organisations de colons et vingt et un colons violents. Barrot a qualifié leur politique d'« inacceptable pour l'écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux États ».
Une délégation de La France insoumise menée par les eurodéputées Manon Aubry et Rima Hassan séjourne quant à elle au Liban pour rencontrer les autorités, dont le président Joseph Aoun, et exprimer « sa solidarité avec le peuple libanais ». Pendant ce temps, la population de Tyr cherche à s'éloigner du front : rues vides, files de voitures vers le nord, familles évacuant précipitamment. Les tensions montent, la diplomatie tergiverse, et la région reste à la veille d'une possible nouvelle escalade.