
À peine sortis du collège, les jeunes de l’ES Guyancourt se précipitent vers le club-house, tout près du terrain synthétique. Le match commence à 17h. Dans une petite salle, remplie de trophées, les premiers supporters s’installent devant la télévision. « On veut juste qu’Ibrahim rentre, sinon j’appelle leur sélectionneur », plaisante Ludovic Menard, éducateur des jeunes depuis 25 ans.
Ibrahim Mbaye, qui débutait sur le banc lors du quart de finale de la CAN face au Mali, est un véritable symbole pour le club. « Il avait quelque chose en plus malgré son âge. C’est un garçon sérieux dont le travail a payé », explique Ludovic. Au mur, des affiches proclament leur fierté d’être supporters d’Ibrahim.
Chaque apparition d'Ibrahim à l’écran suscite un frisson dans la salle, transformée en fan-zone. Ici, la superstar n’est ni Sadio Mané ni Nicolas Jackson, mais bien le jeune attaquant du PSG, passé par l’ES Guyancourt entre 2013 et 2015.
Pour Yannick Mesnige, coordinateur technique, Ibrahim a un parcours exemplaire à seulement 17 ans. « C’est impressionnant de le voir là. C’est une fierté et un super gamin. Il va encore progresser car c’est un bosseur », souligne-t-il. Malgré sa montée rapide, Ibrahim reste attaché à son premier club.
« Il est venu faire une séance de dédicaces surprise lors du dernier loto, il était gêné de voir tous les jeunes réclamer des autographes », raconte Ludovic. Ce lien avec son club d'origine est précieux pour les jeunes joueurs.
Entré à la 75e minute, Ibrahim a remplacé Iliman Ndiaye, captivant l’attention des jeunes footeux de l’ES Guyancourt. Depuis le début de la compétition, il a prouvé qu'il pouvait être un atout pour son coach Pape Thiaw. Son but en huitièmes de finale contre le Soudan le place comme le plus jeune buteur de l’histoire de la CAN au XXIe siècle.
Les supporters, même ceux du Mali, ne peuvent s’empêcher de le soutenir. « Dehors le Mali ! », crient les jeunes, en riant. Le coach des U13, bien qu’il soit malien, souhaite voir Ibrahim briller pour rendre tout le monde fier.
Yannick Mesnige rappelle qu'il est essentiel de ne pas mettre trop de pression sur les jeunes. « Il y a peu d’élus dans le monde du football », explique-t-il. Il préfère dire qu’Ibrahim est un garçon de la ville plutôt qu’un simple joueur du club. Cette vision encourage les jeunes à travailler dur.
Guy Galanti, président du club, insiste sur l'importance de croire en ses rêves et de bien travailler à l’école. « La seule façon d’y arriver, c’est d’y croire », déclare-t-il face aux jeunes licenciés.
Après un match palpitant, les Sénégalais se qualifient pour le dernier carré de la compétition. C'est un moment de bonheur pour les jeunes de l’ES Guyancourt, qui rêvent de voir Mbaye ramener la CAN dans les Yvelines. L’enthousiasme et l’admiration pour leur héros local ne cessent de grandir.