
Le secrétaire à l'Éducation, Bridget Phillipson, a défendu le revirement de Labour concernant les droits des travailleurs. Initialement, le parti prévoyait d'offrir à tous les travailleurs le droit de contester un licenciement abusif dès leur premier jour. Cependant, la nouvelle approche modifie cette période de qualification à six mois.
Actuellement, après deux ans d'emploi continu, les travailleurs bénéficient de protections légales supplémentaires contre le licenciement. Les employeurs doivent justifier un licenciement par des raisons valables, comme la conduite ou les capacités. Avec le nouveau plan, cette période de qualification sera réduite, permettant une protection après six mois.
Cette décision a été saluée par les organisations d'affaires, mais critiquée par certains députés de gauche au sein du parti. Les groupes d'affaires ont exprimé des préoccupations quant à la possibilité que les droits de licenciement abusif dès le premier jour découragent les entreprises à embaucher.
Le gouvernement insiste sur le fait que ce revirement ne constitue pas une violation du manifeste électoral de Labour. Pourtant, le document engage clairement le parti à offrir des droits fondamentaux dès le premier jour, y compris pour le licenciement abusif. Le secrétaire aux affaires, Peter Kyle, a affirmé que ce changement n'était pas une rupture, car le parti cherchait à « rassembler les gens » sur cette question.
Malgré ces affirmations, certains anciens ministres, comme Justin Madders, se montrent préoccupés par le fait que ce revirement pourrait conduire à un affaiblissement supplémentaire des droits dans le projet de loi.
Le revirement a été largement applaudi par les groupes représentant l'industrie britannique. Ils avaient averti que les craintes concernant les droits de licenciement dès le premier jour avaient conduit à un ralentissement des embauches. Martin McTague, président national de la Fédération des petites entreprises, a déclaré que cette partie du projet de loi était cruciale.
Pourtant, la réaction à cette violation du manifeste a été limitée aux députés de gauche. La direction du parti Labour sera moins à l'aise si Angela Rayner, ancienne vice-PM et architecte des propositions initiales, exprime des critiques.
Le syndicat Unite, un important donateur de Labour, a exprimé sa colère face à ce revirement, le qualifiant d'« absolument une violation » du manifeste électoral. Leur dirigeante, Sharon Graham, a exprimé ses craintes concernant un affaiblissement futur du projet de loi sur l'emploi.
Le ministère des affaires a confirmé qu'il prévoyait toujours d'introduire des droits de congé de maladie et de paternité dès le premier jour d'avril 2026. Cependant, la date de début pour la nouvelle période de six mois n'a pas encore été précisée.
Ce revirement sur les droits des travailleurs soulève de nombreuses questions. Bien qu'il soit perçu comme un pas en avant, il reste à voir comment il sera mis en œuvre et quelles seront ses répercussions sur le marché du travail. Les débats au sein du parti Labour et les réactions des syndicats continueront d'influencer l'avenir de cette législation.