
Samedi 23 mai dans la soirée, Donald Trump a annoncé sur sa plateforme Truth Social qu’un accord avec l’Iran était « largement négocié », sous réserve d’être finalisé. Washington et Téhéran décrivent une percée dans des pourparlers qui viseraient à mettre fin au conflit qui les oppose depuis près de cinq mois. Le projet, selon les médias américains et les déclarations présidentielles, inclurait la réouverture du détroit d’Ormuz — un passage vital pour le pétrole mondial — et un assouplissement des sanctions contre l’Iran, tandis que la question du nucléaire serait renvoyée à des négociations ultérieures.
détroit d’Ormuz Un accord prévoirait la réouverture du détroit d’Ormuz. La question nucléaire serait traitée plus tard, selon les informations disponibles.
Derrière ces formules prudentes se profile une diplomatie frénétique. Trump dit avoir parlé avec les dirigeants de l’Arabie saoudite, du Qatar, de la Turquie (Turkiye), de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de la Jordanie et du Pakistan, et avoir eu un appel séparé avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Le Pakistan, qui agit comme médiateur, a fait savoir que son Premier ministre Shehbaz Sharif espère « accueillir très prochainement » une nouvelle séance de négociations, montrant que Islamabad reste au cœur du dispositif de mise en contact.
L’essentiel du compromis est simple sur le papier : rouvrir Ormuz, normaliser le trafic commercial et alléger les sanctions pour créer un climat propice à un deal plus large. En pratique, cependant, repousser le dossier nucléaire laisse une zone d’ombre majeure. Reporter ce n’est pas résoudre ; Téhéran et Washington peuvent signer un cessez-le-feu ou un accord de transit, mais sans garanties sur le programme nucléaire, la fragile accalmie pourrait rester temporaire.
Et pendant que les diplomates négocient, la guerre continue de marquer des victimes collatérales. La Défense civile libanaise a annoncé dimanche que son centre régional de Nabatiyé, dans le sud du Liban, avait été « directement touché par une frappe hostile israélienne », provoquant l’effondrement complet du bâtiment et d’importants dégâts matériels, malgré une trêve en vigueur depuis le 17 avril. Cette frappe rappelle que, même à la table des négociations, la violence sur le terrain ne s’interrompt pas forcément.
Les prochaines heures seront décisives : la parole présidentielle et l’entregent pakistanais ont mis en lumière une opportunité politique, mais la route jusqu’à un accord clair et vérifiable reste semée d’embûches. Si les contours annoncés se confirment, le monde pourrait respirer un peu mieux à court terme. Reste à savoir si ce répit tiendra lorsque la question la plus explosive — le nucléaire iranien — reviendra sur la table.