BUENODIA

Le 1er vaccin conçu par IA administré à 39 personnes

Scientifique en blouse préparant une seringue, flacon de vaccin conçu par IA au premier plan en laboratoire

Un vaccin IA injecté chez l'humain pour cibler les sarbécovirus

C’est officiel : le premier vaccin conçu par intelligence artificielle vient d’entrer dans les corps humains. L’objectif n’était pas de coller à un variant précis, mais de créer un « super‑antigène » capable d’apprendre au système immunitaire à reconnaître toute la famille des sarbécovirus — les coronavirus proches du SARS-CoV et du SARS‑CoV‑2 — y compris des souches animales qui pourraient un jour franchir la barrière des espèces. Le professeur Jonathan Heeney, du Laboratoire de zoonotique virale de Cambridge, et la biotech DIOSynVax ont confié des dizaines de génomes viraux à une IA; le résultat : une séquence synthétique censée cibler des éléments essentiels du virus que celui‑ci ne peut pas facilement modifier.

pEVAC‑PS : ADN thermostable et administration sans aiguille

Le candidat s’appelle pEVAC‑PS. À la différence des vaccins à ARN messager largement utilisés pendant la pandémie, il repose sur de l’ADN : un choix technique qui le rend thermostable et réduit les contraintes de chaîne du froid.

Il a été administré par voie intradermique à l’aide du PharmaJet Tropis, un injecteur par jet micro‑fluidique sans aiguille — un détail pragmatique pensé pour faciliter le déploiement dans les pays à faibles ressources. L’ambition est claire : un seul vaccin, plus facile à stocker et à distribuer, capable de protéger contre une famille entière de virus plutôt que contre une version figée d’un agent en mutation.

Résultats de l’essai de phase I : sécurité et réponse immunologique

L’essai de phase I, conduit entre décembre 2021 et septembre 2023, a porté sur 39 volontaires sains sélectionnés parmi 180 candidats. Sur le plan de la sécurité, le bilan est net : aucun effet indésirable grave n’a été signalé.

Sur le plan immunologique, en revanche, les résultats sont plus nuancés. Les auteurs qualifient la réponse de « modeste et variable » ; de plus, la plupart des participants présentaient déjà des taux d’anticorps élevés, conséquence de vaccinations antérieures contre le Covid et des vagues d’Omicron intervenues pendant la période de recrutement, ce qui a rendu difficile la mesure d’un éventuel effet de renforcement.

Perspectives, essais à venir et rappel des caractéristiques clés

Un essai de plus grande ampleur, avec plus de 200 volontaires, est prévu pour affiner la compréhension de la réponse immunitaire. Si la protection se confirme et s’améliore, la méthode pourrait être adaptée à d’autres familles virales : grippe, H5N1, voire Ebola. Mais pour l’instant, il faut tempérer l’enthousiasme par la prudence : transformer une promesse algorithmique en vaccin universel protecteur reste un long chemin.

Le vaccin pEVAC‑PS a été administré à 39 volontaires lors d’un essai de phase I mené entre décembre 2021 et septembre 2023. pEVAC‑PS est un vaccin à ADN thermostable, administré sans aiguille par le dispositif PharmaJet Tropis.

Publié le : 5 juin 2026
link