
La Union Européenne a récemment reçu un retour positif des 27 ministres de l'Agriculture lors d'une réunion à Bruxelles. Cet événement a eu lieu deux jours avant un vote crucial pour l'avenir de l'accord avec Mercosur. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission Européenne, espère obtenir le soutien d'une majorité qualifiée.
Ce soutien est renforcé par un engagement avec l'Italie concernant la libération anticipée de 45 milliards d'euros destinés à l'agriculture. Maros Sefcovic, commissaire au Commerce, a affirmé que cet accord représente une question de crédibilité dans un contexte géopolitique tumultueux.
Maros Sefcovic a souligné que l'accord avec Mercosur est le plus important jamais conclu par l'UE, étant quatre fois plus vaste que celui signé avec le Japon. Il a également indiqué que des safeguardes nécessaires ont été mises en place pour protéger les intérêts des agriculteurs européens.
Il a estimé que les exportations de produits agricoles pourraient augmenter jusqu'à 50% dans l'ensemble de l'UE. Cependant, la France reste fermement opposée à cet accord, ce qui a été qualifié de dogmatique par certains à Bruxelles.
Des manifestations ont eu lieu à Toulouse, où plus de 500 agriculteurs se sont mobilisés. À Marseille, des accès au port ont été bloqués par des manifestants. Bruno Retailleau, leader des Républicains, a menacé de déposer une motion de censure contre le gouvernement si le président Macron approuve l'accord.
D'autres pays, tels que la Pologne, la Hongrie, l'Autriche et l'Irlande, ont également exprimé leurs réticences. Cet accord a provoqué de fortes frictions internes entre les pays membres de l'UE, malgré le soutien de l'Espagne et de l'Allemagne.
Maria Panayiotou, ministre de l'Agriculture de Chypre, a déclaré que le débat sur Mercosur est essentiel et a insisté sur la nécessité de safeguardes pour répondre aux préoccupations des agriculteurs. Elle a souligné que la présidence de l'UE doit tenir compte de ces enjeux.
Maros Sefcovic a admis qu'il ne pouvait pas prédire l'issue de ce débat. Si une majorité qualifiée de 15 des 27 pays est atteinte, l'accord pourrait être signé le 12 janvier au Paraguay, après un précédent report dû aux réticences de l'Italie, de la France et de la Pologne.
En conclusion, l'accord entre l'UE et Mercosur, qui a été négocié pendant 25 ans, pourrait créer la plus grande zone de libre-échange au monde, englobant 700 millions d'habitants. Les discussions et les tensions actuelles révèlent des enjeux cruciaux pour l'avenir du commerce européen.