
Ce vendredi, l'Union Européenne a enfin approuvé l'accord commercial avec Mercosur. Après plus de 25 ans de négociations, cet accord entre les pays européens est désormais clos. Bien qu'il reste à obtenir la ratification du Parlement Européen, des sources diplomatiques estiment que cela se fera rapidement, avec l'objectif que l'accord entre en vigueur dès le printemps.
Probablement, le samedi 17 janvier, la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, et le responsable du Conseil Européen, Antonio Costa, se rendront à Asuncion pour signer l'accord avec l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay et le Paraguay. Von der Leyen, qui a subi plusieurs revers récemment, aura enfin sa photo tant attendue pour l'histoire.
Le soutien de l'Italie a été crucial pour l'approbation de l'accord. Ce pays avait également joué un rôle clé dans le blocage de l'accord l'année dernière. La position de Giorgia Meloni lors du dernier Conseil Européen avait fait échouer le projet, poussant Von der Leyen à offrir des fonds supplémentaires. En effet, 45 milliards d'euros seront avancés pour la Politique Agricole Commune en 2028.
Bien que ce montant ne soit pas nouveau, il a convaincu Meloni, lui permettant de répondre aux critiques des agriculteurs italiens. Elle a déclaré : "Nous avons approuvé l'accord avec Mercosur, ce qui signifie que nous équilibrons nos intérêts divergents entre la protection des agriculteurs et le soutien à l'industrie."
Emmanuel Macron, quant à lui, reste opposé à l'accord en raison du rejet "unanime" qu'il suscite en France. Les agriculteurs français se sont montrés très critiques, arguant que cet accord leur serait préjudiciable. D'autres pays comme la Hongrie et la Pologne ont également exprimé leur désaccord, tandis qu'Autriche et Irlande ont voté contre, et la Belgique s'est abstenue.
Pour que l'accord soit ratifié, une majorité qualifiée est nécessaire. Cela implique le soutien de 55 % des États membres, représentant au moins 65 % de la population totale de l'UE. Avec le soutien de l'Italie, cette condition est désormais remplie.
Le président Costa a célébré l'accord, le qualifiant de "bon jour pour l'Europe et nos partenaires du Mercosur". Von der Leyen a souligné que cet accord crée un marché de 700 millions de personnes, la plus grande zone de libre-échange au monde. Elle a ajouté que "les alliances génèrent prospérité et l'ouverture stimule le progrès".
Pedro Sánchez, le président du gouvernement espagnol, a également exprimé son enthousiasme. Il a noté que cet accord permettra aux entreprises espagnoles d'accéder à de nouveaux marchés, d'exporter davantage et de créer des emplois. En effet, l'accord élimine plus de 90 % des droits de douane sur les exportations européennes, représentant une économie de plus de 4 milliards d'euros par an pour les entreprises.
L'accord inclut des garanties pour plusieurs secteurs, notamment la viande, le secteur avicole, le riz, le miel et les œufs. Pour rassurer les agriculteurs, la Commission Européenne a promis d'ouvrir une enquête si le prix d'un produit du Mercosur est au moins 5 % inférieur à celui de l'UE. De plus, Bruxelles s'engage à légiférer sur les résidus de pesticides et leur utilisation sur certains fruits.
En somme, l'accord avec Mercosur ne se limite pas à des aspects commerciaux. La UE souhaite avancer sur cette partie du pacte, qui est sous sa souveraineté, afin de permettre son entrée en vigueur avec le soutien du Parlement Européen. Cependant, les mesures qui dépassent ce cadre devront être ratifiées par chaque pays, ce qui pourrait rendre le processus long et complexe.
En conclusion, l'approbation de l'accord commercial entre l'Union Européenne et Mercosur marque une étape significative après des décennies de négociations. Les implications économiques et politiques de cet accord seront surveillées de près, car il pourrait transformer les relations commerciales entre l'Europe et l'Amérique Latine.