
Après quatre jours de négociations à Paris, les partis de Nouvelle-Calédonie ont signé un accord important à l’Élysée. Cet accord, à la fois institutionnel et économique, vise à débloquer le processus politique sur l’archipel. Ce dernier était enlisée depuis le rejet de l’accord de Bougival par le FLNKS, le principal mouvement indépendantiste.
Baptisé « accord Élysée-Oudinot », ce texte complète l'accord de Bougival, qui avait été rejeté en raison de son maintien du lien avec la France. En conséquence, le FLNKS avait décidé de boycotter les discussions de ce week-end. L'accord de Bougival proposait la création d’un État calédonien inscrit dans la Constitution française, mais cela n'a pas satisfait les aspirations des indépendantistes.
Un des principaux sujets abordés dans l'accord est la reconnaissance de l’identité kanak. Les signataires affirment l'importance d'ouvrir une nouvelle étape dans l’édification de l’identité calédonienne, esquissée depuis les accords de Nouméa en 1998. Cette reconnaissance est essentielle pour avancer vers une cohésion sociale sur l’archipel.
Les discussions ont également mis en avant le droit à l’autodétermination. Les signataires ont réaffirmé que chaque Calédonien a le droit de voir ses aspirations politiques reconnues. Ils soutiennent que l’exercice de ce droit doit se faire dans un cadre organisé avec l’État, ce qui pourrait permettre un transfert des compétences encore détenues par celui-ci.
Un autre volet important de l'accord concerne la refondation du pacte économique et social de la Nouvelle-Calédonie. Les signataires se sont entendus sur le soutien financier que l’État apportera à l’archipel. La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a souligné que cette négociation ne devait pas être perçue comme une concession, mais plutôt comme un compromis bénéfique pour toutes les parties.
Elle a également affirmé que « la porte reste ouverte » au FLNKS, malgré le fait que ce mouvement n'ait pas participé aux discussions. Ce point est crucial, car beaucoup en Nouvelle-Calédonie estiment qu'aucun accord politique ne peut être mis en œuvre sans la signature de ce mouvement historique.
Le député loyaliste Nicolas Metzdorf s'est déclaré « très satisfait » de l'accord, mais a souligné les difficultés à venir. Le calendrier est serré, et les signataires espèrent une adoption rapide du projet de loi constitutionnelle au Sénat. Cependant, des oppositions se profilent, notamment de la part des sénateurs socialistes qui ont déjà annoncé leur refus.
Après l'étape constitutionnelle, l'accord sera soumis aux Calédoniens en juin-juillet. Les élections provinciales, déjà reportées plusieurs fois, doivent se tenir avant la fin de l'année 2026. Ces élections sont cruciales pour l’avenir politique de l’archipel et pourraient influencer l’équilibre des forces entre indépendantistes et non-indépendantistes.
En somme, l'accord Élysée-Oudinot représente un pas significatif vers la résolution des tensions en Nouvelle-Calédonie. Bien que des défis subsistent, notamment au niveau parlementaire, cet accord pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère pour l'archipel. Le succès de cet accord dépendra de la capacité des parties à travailler ensemble et à reconnaître les aspirations des différentes communautés.