
Le Premier ministre John Swinney a été informé d'une accusation criminelle contre l'ancien directeur général du SNP, Peter Murrell, plusieurs semaines avant que cela ne devienne public. Cette situation soulève des questions sur la transparence et l'indépendance des procédures judiciaires en Écosse.
Peter Murrell est accusé d'avoir détourné près de 460 000 £ des fonds du SNP entre août 2010 et janvier 2023. Les détails de ces accusations, y compris l'achat illicite de biens de luxe, ont été révélés dans les médias récemment.
Murrell, âgé de 61 ans, n'a pas encore formulé de plaidoyer. Une audience préliminaire est prévue pour le 25 mai, après un report de la date initiale. Cela soulève des préoccupations quant à la gestion de son affaire par le système judiciaire.
Le Lord Advocate, Dorothy Bain, a informé Swinney par email le 19 janvier que Murrell avait été inculpé ce jour-là. Bain, qui occupe à la fois le rôle de principal conseiller juridique du gouvernement et de procureur en chef, a insisté sur la transparence de cette communication.
Dans ce mémo, il a été rappelé qu'il existe une "tradition de longue date" selon laquelle le Lord Advocate ne devrait pas intervenir dans les affaires impliquant des politiciens. Cette décision a été transmise à des hauts fonctionnaires et des conseillers spéciaux.
La réaction du gouvernement écossais a été de nier toute implication dans le report de l'audience. Le leader des Conservateurs écossais, Russell Findlay, a demandé des explications sur la raison pour laquelle Swinney a reçu des informations détaillées avant le public.
De son côté, le leader du Parti travailliste écossais, Anas Sarwar, a exprimé des préoccupations sur l'avantage politique que cela pourrait donner au SNP avant les élections de Holyrood. Il a appelé à la séparation des rôles de Bain en tant que procureur et conseiller gouvernemental.
Les avocats de Murrell ont déclaré qu'il n'était pas surprenant que Swinney ait été informé de l'affaire, car il pourrait être interrogé à ce sujet. Ils ont également noté que le report de l'audience préliminaire est une pratique courante dans de tels cas.
Le Bureau du Procureur et du Fiscal (COPFS) a précisé que Bain et son adjointe n'étaient pas impliquées dans l'affaire de Murrell en raison de sa nature politique. Cela soulève des questions sur la neutralité du système judiciaire face aux affaires politiques.
La situation entourant Peter Murrell et les accusations de détournement de fonds soulève des préoccupations sur l'intégrité du processus judiciaire en Écosse. Les implications politiques et éthiques de cette affaire continueront à susciter des débats au sein du gouvernement et de la population.