
Cette semaine, Thierry Baubet et Solène Podevin Favre, deux membres clés du collège directeur, ont quitté la Ciivise. Cette démission marque une deuxième crise majeure pour la commission dédiée à l'inceste et aux violences sexuelles faites aux enfants. Ce départ soulève des inquiétudes sur l'avenir de cette institution.
Après son annonce, Solène Podevin Favre a rapidement reçu une invitation de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Un rendez-vous a été fixé pour le jeudi matin, témoignant de l'importance de la situation. La Ciivise, lancée en 2021, traverse une période critique, exacerbée par des tensions internes.
La commission avait déjà connu une crise de gouvernance fin 2023, qui avait retardé le lancement de ses travaux. Bien que ceux-ci aient repris en avril 2024, les tensions persistent et compromettent la mise en œuvre des recommandations essentielles.
Solène Podevin Favre a exprimé son inquiétude concernant l'absence de voix au sein de la commission. Elle a souligné que leur mission consistait à garantir la mise en œuvre des 82 propositions issues de leurs travaux. Cependant, des membres semblent s'opposer à ces recommandations, rendant leur mission difficile.
De son côté, Thierry Baubet a annoncé sa démission sur LinkedIn, citant des désaccords sur les décisions prises et le fonctionnement de la commission. Ces divergences illustrent un climat de tension qui nuit à l'efficacité de la Ciivise.
Solène Podevin Favre a également évoqué les débats autour de l' imprescriptibilité de l'inceste. Selon une étude Ipsos, 90 % des Français soutiennent cette mesure. Pourtant, certains membres de la Ciivise semblent s'y opposer, ce qui suscite des interrogations sur leur engagement envers les victimes.
Elle a exprimé son désarroi face à un vote récent concernant la prise en charge de l'inceste au sein de l'Aide sociale à l'enfance. Malgré les discussions approfondies, le rejet de l'avis par la commission est incompréhensible pour elle.
Solène Podevin Favre a rappelé leur promesse de défendre les victimes et de porter leurs recommandations. Elle a souligné les dysfonctionnements au sein de la commission qui l'ont poussée à prendre cette décision difficile. Ce choix reflète une volonté de rester fidèle aux engagements pris envers les victimes.
Un autre membre de la Ciivise a également signalé un sabotage réel de la commission, mettant en lumière des tensions internes qui nuisent à l'objectif principal de la Ciivise.
Stéphanie Rist a appelé à dépasser ces dysfonctionnements pour l'intérêt des victimes. Elle a souligné que la lutte contre l'inceste ne doit pas être entravée par des tensions internes. Son communiqué appelle à un climat de calme, d'écoute et de responsabilité, en gardant à l'esprit l'intérêt supérieur de l'enfant.
Enfin, Maryse Le Men Regnier, troisième membre de la direction de la Ciivise, n’a pas répondu aux sollicitations, laissant planer le doute sur l'avenir de la commission. Cette situation demeure préoccupante pour tous ceux qui œuvrent pour la protection des enfants.
La démission de Thierry Baubet et Solène Podevin Favre souligne une crise profonde au sein de la Ciivise. Les désaccords internes et les tensions compromettent l'efficacité de la commission, essentielle pour la lutte contre l'inceste et les violences sexuelles. L'appel à la responsabilité de Stéphanie Rist est crucial pour redresser la situation et garantir un avenir meilleur pour les victimes.