
Après SOS Racisme, c'est au tour de la Licra de s'impliquer dans cette affaire. L'association a annoncé ce lundi son intention d'engager une action juridique contre l'influenceuse d'extrême droite Mila. Cette dernière a publié sur les réseaux sociaux une photo avec un tee-shirt floqué « Adidolf ».
La Licra a exprimé son indignation en déclarant : « En diffusant un détournement parodique « Adidolf » avec des saluts nazis, l'influenceuse franchit la ligne rouge de l'apologie de crime contre l'humanité. Le nazisme n'est ni un jeu, ni un mème : c'est un projet d'extermination. »
Elle a ajouté que son service juridique se saisit des faits pour engager une action. L'association a précisé que la liberté d'expression ne doit pas servir de prétexte à l'antisémitisme.
La veille, SOS Racisme a annoncé avoir déposé plainte en septembre dernier pour « apologie de crime contre l'humanité ». Les faits dénoncés remontent au 6 septembre, lorsque Mila a partagé une photo sur son compte Instagram, où elle est suivie par plus de 59 000 personnes à l'époque.
Cette photo montrait un homme portant le tee-shirt « Adidolf », accompagné de trois bras levés à 45 degrés, évoquant clairement le salut nazi.
Dans une vidéo publiée sur Instagram, Mila a révélé qu'elle était « convoquée » par la justice pour « apologie du terrorisme » concernant cette publication. Elle a tenté de défendre son acte en invoquant le second degré, qualifiant cela d'« humour noir sur un tee-shirt ».
Âgée de 22 ans, Mila Orriols a été condamnée en décembre à Lyon à une amende de 2 000 euros avec sursis pour « injure raciale ». Cette condamnation faisait suite à un tweet raciste qu'elle avait publié en février 2024.
Dans ce tweet, elle avait écrit des propos offensants sur les familles maghrébines, ce qui avait suscité une forte réaction du public. Son avocat avait annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Mila est devenue une figure médiatique en 2020, après avoir été victime d'un harcèlement intense suite à ses critiques en ligne sur l'islam. Cela l'a contrainte à vivre sous protection policière.
En réponse à l'annonce de la Licra, de nombreux internautes ont rappelé que l'association avait précédemment défendu Mila lorsqu'elle tenait des propos contre les musulmans, en utilisant le mot dièse #jesuisMila.
Cette affaire met en lumière les tensions autour de la liberté d'expression et des discours de haine. Les actions de la Licra et de SOS Racisme soulignent l'importance de lutter contre toute forme d'apologie du nazisme et de l'antisémitisme. L'évolution de cette situation sera à suivre de près.