
Près de 200 riverains de la « vallée de la chimie », au sud de Lyon, ont décidé d'assigner en justice deux groupes responsables d'émissions de polluants éternels (PFAS). Ils réclament plus de 36 millions d’euros en réparation pour les préjudices subis. Cette information a été confirmée par une association qui accompagne les requérants.
Emma Feyeux, juriste pour l’association Notre affaire à tous, a déclaré que c'est « la plus importante action civile en justice d’Europe ». L’assignation a été déposée contre Arkema et Daikin Chemical, en collaboration avec trois autres associations. Ces groupes ont été accusés d'avoir déversé 3,5 tonnes de PFAS par an dans le Rhône, entraînant une contamination généralisée.
Les requérants, au nombre de 192, dont 25 mineurs, demandent chacun 190 000 euros, soit un total de 36,5 millions d’euros. L’assignation devant le tribunal judiciaire de Lyon vise à faire reconnaître « une diversité de préjudices ». Parmi ceux-ci, les conséquences sur la santé sont alarmantes.
Les impacts sur la santé incluent des cancers, des dysfonctionnements hormonaux, et des problèmes de cholestérol. De plus, des cas de puberté précoce et des retards de grossesse sont également mentionnés. Un autre préjudice évoqué est d’ordre psychologique, provoquant stress et anxiété chez les habitants face à cette contamination.
Les habitants de la zone subissent également un préjudice de jouissance. En effet, ils ne peuvent plus consommer d'eau, d'œufs de leurs poules ou de produits de leur jardin. Cela impacte gravement leur qualité de vie quotidienne et leur sécurité alimentaire.
Daikin Chemical France a déclaré avoir pris connaissance de l’assignation et qu'elle analyse son contenu. Le groupe a assuré qu'il défendrait ses intérêts dans cette procédure, tout en mettant en avant ses efforts pour produire de manière responsable.
De son côté, Arkema a choisi de ne pas commenter cette affaire en cours. Les PFAS, substances per- et polyfluoroalkylées, sont souvent appelés polluants éternels en raison de leur nature quasi indestructible une fois rejetés dans l’environnement.
Les groupes Arkema et Daikin utilisent ces substances depuis des années dans leurs usines de la « vallée de la chimie », une zone considérée comme l'une des plus polluées en France. Une enquête judiciaire est actuellement en cours suite à des plaintes de mairies, d’associations et de citoyens pour mise en danger de la vie d’autrui.
La justice, saisie par la métropole de Lyon, a ordonné une expertise indépendante pour évaluer la responsabilité historique des industriels dans cette pollution. Cela pourrait avoir des répercussions significatives sur l’avenir des entreprises et des riverains de la vallée.
Cette action en justice illustre l'importance de la responsabilité environnementale des entreprises. Les conséquences des polluants éternels sur la santé et la vie quotidienne des habitants soulèvent des questions cruciales sur la protection de l'environnement et des citoyens. Les résultats de cette procédure pourraient établir un précédent en matière de droits des victimes de pollution.