
Lors d'une audition tenue à huis clos par une commission du Congrès consacrée à l'affaire Epstein le jeudi 26 février 2026, Hillary Clinton a demandé que Donald Trump soit convoqué et entendu "sous serment" pour s'expliquer sur ses liens présumés avec Jeffrey Epstein. La séance, dominée par des élus républicains, s'est déroulée en chambre forte, ce qui n'a pas empêché les déclarations de la candidate de faire rapidement surface.
Elle n'est pas venue faire de confidences, a-t-elle insisté, mais pour dénoncer ce qu'elle qualifie de manœuvre politique. Selon sa déclaration liminaire, "si cette commission voulait sérieusement connaître la vérité sur les crimes d'exploitation sexuels d'Epstein, (...) elle demanderait directement à notre président actuel de s'expliquer sous serment sur les dizaines de milliers de fois où il apparaît dans le dossier Epstein".
De son point de vue, l'audition relevait davantage de la mise en scène que d'une enquête impartiale : "Comme nous le savons tous, trop souvent les enquêtes parlementaires sont un théâtre politique partisan", a-t-elle ajouté, accusant la commission d'utiliser son témoignage pour détourner l'attention des actions de M. Trump.
La principale intéressée a dit s'être sentie sommée de comparaître, alors même qu'elle ne détenait aucune information susceptible d'avancer l'enquête. "Vous m'avez contrainte à témoigner, tout en sachant parfaitement que je n'ai aucune information qui pourrait aider votre enquête, afin de détourner l'attention des actions du président Trump et de les camoufler malgré les appels légitimes à fournir des réponses", a-t-elle asséné, liant sa convocation à un objectif politique.
En effet, elle a réitéré ne pas avoir eu connaissance des crimes reprochés à Jeffrey Epstein et a affirmé ne pas se souvenir de l'avoir jamais rencontré. Pour assurer la transparence sur sa position, sa déclaration liminaire a par ailleurs été rendue publique sur X.
La tension est restée palpable tout au long de l'audition : Clinton accuse la commission républicaine d'utiliser son passage pour braquer un projecteur qui, selon elle, vise à protéger ou masquer les responsabilités du président. De leur côté, les élus républicains continuent d'affirmer que leur objectif est d'éclairer les réseaux et les complicités entourant Epstein, et non de monter une opération politique.
La séance à huis clos et la domination républicaine au sein de la commission entretiennent un climat de défiance, où chaque parole est immédiatement interprétée comme un geste politique. Ainsi se dessine un bras de fer public entre deux récits concurrents : l'un dénonçant la diversion, l'autre revendiquant la recherche de la vérité.
Au‑delà des accusations et des contre-accusations, la demande explicite que Donald Trump témoigne "sous serment" laisse flotter des questions sur la suite de l'enquête et sur la manière dont la commission entend poursuivre ses investigations. Reste à voir si la convocation sera effectivement lancée et, le cas échéant, si elle se déroulera en public ou à huis clos.
Quoi qu'il en soit, cette audition illustre combien l'affaire Epstein continue d'irriguer le débat politique américain et de polariser les regards, alors que la commission cherche encore à définir l'étendue de ses auditions et de leurs conséquences.