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Affaire Justine Vayrac : l’agriculteur admet le meurtre, nie le viol

Portrait de Justine Vayrac en médaillon, affiché sur un panneau lors d’un rassemblement en extérieur

Procès à Tulle : meurtre et viol présumés de Justine Vayrac

Le 16 mars 2026, s'ouvre aux assises de la Corrèze, à Tulle, le procès de Lucas Larivée, jugé pour le meurtre et le viol présumés de Justine Vayrac. La jeune femme, 20 ans, avait disparu dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022 après une sortie en boîte à Brive-la-Gaillarde ; quatre jours plus tard, son corps était retrouvé près de la maison de l'accusé.

Le 22–23 octobre 2022, Justine Vayrac disparaît après une sortie en boîte à Brive-la-Gaillarde. Son corps est retrouvé quatre jours plus tard près du domicile de Lucas Larivée.

Reconnaissance d'un coup, contestation du viol et expertises psychiatriques

L'accusé a reconnu avoir porté un coup à Justine — il admet avoir tué la jeune femme — mais il conteste la qualification de viol. Selon sa version, la relation sexuelle qui a précédé les faits aurait été consentie.

La justice, elle, renvoie l'affaire devant la cour d'assises pour meurtre précédé d'un viol, et plusieurs expertises psychiatriques réalisées durant l'instruction sont sans ambiguïté : elles relèvent chez Lucas "une personnalité sociopathique ou antisociale, (...) une insensibilité voire un manque d'empathie, une faible maîtrise de soi, une impulsivité et une incapacité à assumer la responsabilité de ses actes".

Échanges vifs à l'audience et questions qui dérangent

Dès l'ouverture du procès, la tension a pris la forme d'échanges vifs entre la salle et la famille de l'accusé. L'avocate générale a interpellé la mère de Lucas, lui demandant si elle pensait que son fils avait pu commettre le meurtre et le viol.

L'avocat de la défense a protesté ; la procureure générale a insisté : "La vérité n'éclatera que si on pose les questions qui dérangent." La mère a fini par couper court : "Je ne vous répondrai pas."

Témoignages familiaux, contestation de l'accusation et enjeux du procès

Les témoignages familiaux ont cherché à dessiner un garçon "plein de vie", proche de son grand‑père et de son père. Sa mère a raconté la blessure profonde de la famille, ses nuits à prendre des médicaments et sa difficulté à affronter les proches de la victime : "Ma vie s'est arrêtée il y a trois ans. Depuis, je subis."

Elle a expliqué aussi le lien fort avec son grand‑père disparu et le tatouage de Lucas en hommage à ses grands‑parents, un détail censé humaniser l'accusé aux yeux de la cour. Mais ces tentatives de contextualisation se heurtent à l'accusation et aux expertises.

L'avocate générale a recensé plusieurs moments où le père semblait minimiser les actes de son fils, et l'avocat de la famille de la victime a dénoncé l'absence de mots pour les proches de Justine : "Dans votre relation à votre fils, c'est le syndrome des trois singes : on ne se parle pas, on ne s'écoute pas, on ne se voit pas", a-t-il lancé. Le procès s'annonce long et chargé d'émotion ; il doit permettre d'éclairer ce qui reste, pour l'instant, une succession d'actes tragiques et de versions antagonistes.

Publié le : 17 mars 2026
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