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Des agents de l’ICE vérifient des pièces d’identité en file de sécurité

Agents de l’ICE vérifiant des pièces d’identité à une file de sécurité, personnes attendant derrière des barrières

Agents d'ICE au contact des passagers dans plusieurs aéroports

Depuis lundi, des agents d’Immigration and Customs Enforcement (ICE) ont été envoyés dans plusieurs aéroports américains — et mercredi certains d’entre eux vérifiaient les cartes d’identité des voyageurs aux côtés du personnel de la Transportation Security Administration (TSA). À Atlanta, on les a vus instruire des passagers à insérer leur pièce d’identité dans les lecteurs, vérifier des écrans puis orienter vers les portiques; à Phoenix, des agents armés en gilet pare‑balle contrôlaient les documents et aidaient à la gestion des tapis‑roulants; à LaGuardia, un passager affirme qu’un agent d’ICE a vérifié son passe lors du passage en TSA PreCheck. À Chicago O’Hare, la présence d’ICE semblait limitée et aucun contrôle n’a été observé.

Le ministère défend le transfert temporaire de tâches

Le ministère de la Sécurité intérieure défend ce transfert temporaire de tâches. « Après avoir reçu le programme de formation standard de la TSA, » a déclaré Lauren Bis, secrétaire adjointe par intérim, les agents d’ICE « vérifient l’identification en utilisant le matériel et les procédures de la TSA », en assurant aussi des missions de contrôle d’accès et de gestion de foule. Mais la portée exacte de ces attributions reste floue: on ignore combien d’aéroports sont concernés au total, si cela réduit vraiment les temps d’attente et pourquoi l’étendue des tâches varie selon les sites.

Inquiétudes des voyageurs et critiques d'organisations

La mesure suscite une forte inquiétude publique. Certains voyageurs doutent que des agents de l’immigration soient qualifiés pour des fonctions de sûreté aéroportuaire; d’autres, pour la plupart des personnes immigrées, craignent d’être ciblées. « Vous voulez que les gens aient confiance quand ils viennent voyager », dit Jennifer Carlin, venue cinq heures en avance à Atlanta: « Cela érode la confiance dans le système de voyage américain. » Kica Matos, présidente du National Immigration Law Center, estime que le déploiement est « une insulte » après une année d’actions d’ICE dans les quartiers.

Pénurie de personnel, files d'attente et appel au Congrès

Le contexte est clair: le 14 février, le financement du Département de la Sécurité intérieure a expiré; depuis, 50 000 agents de la TSA travaillent sans salaire. Environ 480 agents ont démissionné et les taux d’absentéisme ont explosé — plus de 11 % se sont déclarés malades dimanche, le pic de la période de fermeture. En conséquence, des aéroports comme Houston‑Intercontinental, Louis‑Armstrong New Orleans, Hartsfield‑Jackson et John F. Kennedy ont enchaîné des files d’attente de plusieurs heures et des vols manqués.

Lundi, l’administration a déployé environ 150 agents d’ICE pour « aider » aux lignes. Les agents d’ICE sont payés ; les agents de la TSA non — ces derniers recevront toutefois un paiement rétroactif si la fermeture cesse. Les syndicats, des élus démocrates et près de cinquante acteurs du transport aérien, dont l’Air Line Pilots Association et l’Association du voyage aux États‑Unis, ont lancé un même avertissement: « Congress must act now before our system breaks. » Le message est simple et pressant : sans financement, l’ensemble du système aérien risque de lâcher.

Publié le : 26 mars 2026
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