
Au palais de justice de Longueuil, mardi 19 mai 2026, Jonathan Pépin a appris que sa liberté suivra des règles strictes bien après sa sortie de prison. Condamné à quatre ans et demi de détention pour avoir exploité la vulnérabilité d’une adolescente de 14 ans, il devra aussi, pendant 20 ans, éviter les parcs et les piscines publiques où pourraient se trouver des mineurs de moins de 16 ans. « Alors, je ne pourrai même pas aller au parc avec mon fils ou l’enfant de ma conjointe ? » s’est inquiété l’accusé, visiblement plus affecté par l’interdiction que par la peine d’emprisonnement.
L’histoire remonte à juillet 2023. C’est dans un parc que Pépin a abordé l’adolescente, alors en permission de sortie d’un centre jeunesse, et lui a offert du cannabis. Il lui a dit qu’elle pouvait se réfugier chez lui si elle voulait fuguer.
Elle l’a fait : la jeune est restée trois jours dans son logement avec tous ses effets personnels. Pendant cette fugue, elle a consommé du concentré de cannabis, du crystal meth, une pilule de speed et de la vodka.
Les agressions commises pendant ces trois jours sont dramatiques. Me Julie Dupuis, procureure de la Couronne, a résumé en salle d’audience : « Durant cet événement, la victime ne se sent plus en contrôle et ressent de la douleur. » Pépin, qui connaissait l’âge de la jeune fille, a eu des relations sexuelles avec elle.
À une occasion, après qu’elle se soit sentie mal et ait voulu fuir, il a fait jouer un film pornographique et, avec une complice, a insisté pour qu’elle pratique une fellation; elle a fini par s’exécuter. Plus tard, elle s’est retrouvée menottée aux poignets pendant que Pépin la pénétrait.
L’accusé a été arrêté un an après les faits. Mardi, pour éviter que la victime ne soit rappelée à la barre, il a renoncé à son procès et plaidé coupable, ce que la juge Dominique Larochelle a entériné — la sentence ayant été négociée par des avocates d’expérience. La magistrate a toutefois lancé un sévère rappel : ses actes « ignobles » auraient pu entraîner une peine d’au moins six ans. « Avez-vous imaginé quelles seraient les conséquences pour cette adolescente ? » l’a-t-elle sermonné, évoquant le traumatisme qui la poursuivra aux différentes étapes de sa vie.
L’avocate de la défense, Me Brochu, a indiqué que son client a engagé des démarches thérapeutiques, qui pourront se poursuivre au pénitencier. L’affaire laisse une victime marquée et pose de nouveau la question des protections entourant les jeunes vulnérables placés en centre jeunesse.
L’accusé, Jonathan Pépin, 41 ans, a été condamné à quatre ans et demi de prison. Une interdiction de fréquenter les parcs et piscines publiques où pourraient se trouver des mineurs de moins de 16 ans lui a été imposée pour 20 ans.