
Alors que la tempête Pedro quitte les Pyrénées-Orientales ce vendredi, le monde agricole commence à évaluer les dégâts causés dans les champs. Depuis quelques jours, le vent a soufflé presque chaque jour, en particulier après le passage des tempêtes Nils et Oriana. Les premières tournées sur le terrain vont permettre de mieux comprendre l'ampleur des dégâts.
Les retours initiaux font état de dégâts importants sur certaines exploitations. Éric Hostalnou, chef du service fruits et légumes à la Chambre d’agriculture, a déclaré : « On nous a signalé des dégâts sur les tunnels et les serres, ainsi que sur les cultures d’artichauts et dans les vergers. » À l’approche de la campagne, les artichauts plantés dans un sol saturé d’eau ont eu du mal à résister aux bourrasques.
Les parcelles les plus avancées, avec des capitelles lourdes, sont particulièrement touchées. On estime qu'entre 10 et 15 % de la production annuelle du département pourrait avoir été anéantie. Les serres et tunnels endommagés ont également perdu leur couverture en plastique, ce qui pourrait affecter des produits comme la salade, potentiellement contaminée par des débris plastiques.
La problématique actuelle est celle de la reconstruction avant la mise en place des cultures de printemps et d’été. Selon la Chambre d’agriculture, plus de 50 % des exploitations pourraient avoir subi des dégâts. Éric Hostalnou a souligné : « On ne sait pas si les entreprises seront disponibles pour venir réparer les dégâts à temps. »
Dans les vergers, les haies, qui protègent du vent, ont également souffert des bourrasques, parfois dépassant 130 km/h. Des dégâts ont été signalés sur des installations agrivoltaïques et des toits de caves coopératives, notamment à Pollestre et Terrats.
Les infrastructures d'irrigation ont également été affectées, avec des arbres couchés dans les canaux et des éboulements de falaise. Denis Basserie, représentant de Groupama Méditerranée, a déclaré : « Pour les trois départements que nous couvrons, nous avons enregistré 2 597 sinistres. » Bien qu'il n'y ait pas de gros dégâts, une multitude de petits sinistres a été constatée.
La moyenne des sinistres expertisés est légèrement en dessous de 4 000 euros. Les coûts pour les assureurs devraient se situer entre 12 et 15 millions d’euros pour ces trois départements, avec une facture similaire pour Pacifica, l’autre assureur des agriculteurs.
En somme, la tempête Pedro a eu un impact significatif sur l'agriculture des Pyrénées-Orientales. Les dégâts sur les cultures, les infrastructures et les sinistres à gérer représentent des défis majeurs pour les agriculteurs. La reconstruction rapide sera essentielle pour assurer la continuité des activités agricoles dans la région.