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« Il y en avait bien 30 000 » : Le cauchemar des agriculteurs mayennais face aux étourneaux

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Problèmes causés par les étourneaux

La dernière fois que cela s'est produit, c'était juste avant la Saint-Valentin. La fête des amoureux s'est transformée en un véritable banquet pour les étourneaux sansonnets. Nicolas et Marine Gégu, éleveurs de 200 bovins à Beaulieu-sur-Oudon, en Mayenne, s'en souviennent trop bien. Ils racontent comment ces oiseaux ont dévasté leur ensilage de maïs et les auges de leurs vaches laitières.

« Il y en avait bien 30 000 », se souviennent-ils. Ces oiseaux ont saccagé près de deux tonnes de nourriture, la mangeant avant de la souiller avec leurs fientes. Ce n'était pas un incident isolé. Tout l'Ouest de la Mayenne subit l'appétit vorace de ces migrateurs d'Europe du Nord et de l'Est, qui viennent en France pour échapper aux rigueurs de l'hiver.

Dégâts économiques pour les agriculteurs

Les pertes financières sont considérables. Claude Charon, de la FDSEA53, avance que, ces trois dernières années, les dégâts ont atteint 200 000 euros. Nicolas Gégu, dont les 75 vaches Prim'Holstein produisent 800 000 litres de lait par an, parle d'une perte de 3 euros par tête et par jour. Cela représente plus de 6 000 euros par mois.

« Pour un élevage moyen comme le nôtre, ça fait un trou ! », souffle Nicolas. Marine Gégu ajoute que la contamination de la nourriture par les fientes réduit l'appétit des vaches. « Elles mangent moins, donc elles produisent moins », souligne-t-elle, en évoquant également le risque sanitaire lié à la pollution.

Demandes de classement ESOD

Face à ces problèmes, la FDSEA53 et les Jeunes agriculteurs de la Mayenne réclament le classement de l'étourneau parmi les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (ESOD). Cela permettrait aux agriculteurs d'exercer leur droit de destruction. Claude Charon déplore que notre département soit le seul des Pays de la Loire à ne pas bénéficier de cette mesure.

Un dossier complet doit être présenté à la préfecture pour la période 2026-2028. « On ne veut pas éradiquer l'étourneau », assure Hervé Derenne des JA53. Mais il insiste sur le fait que, sans prédateur naturel, l'homme doit prendre des mesures.

Solutions envisagées et défis

Le statut ESOD permettrait de chasser l'étourneau toute l'année, mais cela semble irréaliste compte tenu du nombre d'oiseaux. La priorité doit être donnée à la prévention. Installer des filets sur les silos est une option, mais cela complique le travail des éleveurs, selon Claude Charon.

Les canons effaroucheurs, quant à eux, dérangent les riverains et perturbent les vaches, confie Nicolas Gégu. Benoît Duchenne, de l'association Mayenne nature environnement, estime que le classement ESOD n'est pas une solution efficace. Il mentionne que l'Inrae développe un effarouchement sonore imitant le cri de détresse de l'étourneau, qui semble prometteur.

Conclusion

Le financement de ces solutions reste un enjeu crucial pour les syndicats agricoles. Claude Charon conclut en soulignant qu'il est impossible d'être dogmatique sur ce dossier. « Il faut rester pragmatique », affirme-t-il, rappelant l'importance d'une approche adaptée aux réalités des agriculteurs face à ce fléau.

Publié le : 20 février 2026
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