
Les conséquences de la tempête Nils sont dévastatrices pour les agriculteurs de la région. La ferme de Rémi Doux à Bazas, en Gironde, illustre parfaitement cette situation. Les serres sont détruites et les pertes financières s'accumulent, laissant les cultivateurs dans une grande précarité.
Les bâches éventrées et les serres endommagées témoignent de la force du vent, atteignant 124 km/h. Rémi Doux estime un manque à gagner de 6 000 euros, sans compter les frais pour la rénovation des serres. Les réparations ne commenceront que lorsque les champs seront asséchés, ce qui complique la situation.
La tempête a également causé des inondations, rendant les champs impraticables. Rémi Doux a dû taillader les bâches pour éviter des dégâts supplémentaires. La situation est critique, et le maraîcher s'inquiète de l'impact à long terme sur ses cultures d'hiver.
Franck De Biasi, un autre agriculteur de la région, a également subi de lourdes pertes. Son exploitation est complètement sous l'eau, avec des cultures de colza, blé et kiwis submergées. Il exprime son inquiétude quant à l'impact de l'eau stagnante sur ses cultures, notamment les kiwis, qui risquent d'être asphyxiés.
De plus, la situation est aggravée par le manque d'assurance adéquate. Rémi Doux souligne que l'assurance multirisque ne couvre pas encore les cultures sous serres, laissant de nombreux agriculteurs dans une situation précaire.
Lors de la visite du préfet Étienne Guyot, les agriculteurs ont exprimé leur frustration face aux aides proposées. Les démarches administratives nécessaires pour obtenir des aides d'urgence sont perçues comme lourdes et inefficaces. Rémi Doux évoque son expérience passée où ses demandes n'ont abouti à rien.
Sarah Dumigron, éleveuse, partage également ses difficultés. Elle doit faire face à des réparations urgentes, tout en s'occupant de ses brebis. Les conditions de mise bas sont compromises, et elle craint pour la santé de ses animaux.
Les agriculteurs appellent à des solutions durables pour prévenir de telles catastrophes. Ils suggèrent de curer les fossés et de soutenir les initiatives pour replanter des haies. Ces mesures visent à améliorer la gestion de l'eau et à éviter les inondations futures.
Jean-Samuel Eynard, président de la Chambre d'agriculture, insiste sur la nécessité d'accélérer les projets de retenue d'eau et d'améliorer l'entretien des digues. Les agriculteurs espèrent des changements concrets pour protéger leurs exploitations.
La tempête Nils a mis en lumière la vulnérabilité des agriculteurs face aux événements climatiques extrêmes. Les pertes financières et matérielles sont considérables, et les solutions proposées restent insuffisantes. Il est impératif d'agir rapidement pour soutenir ces agriculteurs et leur permettre de se relever de cette crise.