
Ce samedi matin, une centaine d'agriculteurs a défilé dans les rues de Toulouse (Haute-Garonne), faisant entendre leur voix grâce à des mégaphones et une sono puissante. À l'appel d'une intersyndicale regroupant les Jeunes Agriculteurs, la FDSEA, la Coordination Rurale et la Confédération Paysanne, les manifestants ont symbolisé leur lutte avec 106 croix en bois, représentant le nombre de vaches abattues à cause de la dermatose nodulaire.
Le parcours a débuté au Palais de justice, passant par la place du Capitole, pour se conclure devant la préfecture de région. Luc Mesbah, secrétaire général de la FDSEA 31, a souligné l'importance de cette mobilisation : « Cette forte mobilisation intersyndicale est historique aujourd'hui, unis depuis presque un mois face à l'action aberrante de l'État concernant le protocole d'abattage des troupeaux. »
Les agriculteurs expriment un ras-le-bol général face aux décisions gouvernementales, notamment concernant les accords du Mercosur et la taxe carbone sur les engrais. Mesbah a ajouté : « On détruit 30 à 40 ans de travail chez des éleveurs qui aménagent nos territoires. Il faut que cela cesse et surtout que le gouvernement nous écoute. »
La manifestation s'est déroulée dans le calme, avec un seul tracteur présent pour aller à la rencontre des Toulousains, des consommateurs soucieux de leur alimentation. Les agriculteurs ont entonné la Marseillaise a cappella en arrivant sur la place du Capitole, marquant un moment fort de leur engagement.
Les actions des agriculteurs ont suscité la solidarité de passants, comme Nadine, une sexagénaire qui a exprimé son soutien : « On est avec eux ! Ce n'est pas normal qu'ils travaillent autant pour de si petits revenus depuis tant d'années et que rien ne bouge. » Elle a également critiqué le gouvernement, le qualifiant de sourd à leur colère.
Cette manifestation a mis en lumière les difficultés rencontrées par le monde agricole et l'importance de leur travail pour la société. Les agriculteurs espèrent ainsi attirer l'attention sur leur situation précaire et les enjeux qui en découlent.
Dans le département, les Ultras de l'A64 continuent de bloquer l'autoroute à la sortie Carbonne, montrant ainsi leur détermination. Par ailleurs, la Coordination Rurale du Gers a annoncé son intention de bloquer Toulouse le 7 janvier, renforçant le mouvement de protestation.
Ces actions témoignent d'une volonté collective de faire entendre leurs revendications et de défendre un secteur vital pour l'économie locale. Les agriculteurs espèrent que leur mobilisation portera ses fruits et qu'un dialogue constructif s'engagera avec les autorités.
La manifestation à Toulouse a été un moment fort pour les agriculteurs, qui ont su exprimer leur détresse et leur détermination. En mobilisant les citoyens autour de leur cause, ils espèrent susciter une prise de conscience et un changement dans les politiques agricoles. Leurs voix doivent être entendues pour garantir un avenir durable pour l'agriculture.