
Le Parlement européen a définitivement adopté, le mardi 10 février, des mesures visant à protéger les agriculteurs. Ces mesures répondent à l'impact potentiel de l'accord commercial avec les pays latino-américains du Mercosur. La clause de sauvegarde a été approuvée par 483 voix pour, 102 contre et 67 abstentions dans l'hémicycle de Strasbourg.
Pour des produits sensibles tels que le bœuf, la volaille ou le sucre, ces mesures apportent des réponses aux préoccupations légitimes des agriculteurs européens. Gabriel Mato, eurodéputé espagnol, a souligné l'importance de ces protections pour le secteur agricole.
La Commission européenne lancera une enquête si le prix d'un produit du Mercosur est inférieur d'au moins 5 % à celui de la même marchandise dans l'UE. De plus, si le volume des importations augmente de plus de 5 %, elle pourra temporairement augmenter les taxes douanières en cas de préjudice grave.
Les États européens se sont alignés sur cette position pour protéger les agriculteurs. La Commission s'engage également à enquêter si un État membre le demande, en cas de risque suffisant de préjudice.
Les eurodéputés ont saisi la Cour de justice de l’Union européenne pour vérifier la légalité de ce traité de libre-échange, contesté par les syndicats agricoles. Pendant ce temps, la Commission européenne peut appliquer cet accord à titre provisoire.
Bien que la décision finale ne soit pas encore prise, des pays comme l'Allemagne et l'Espagne appellent à sa mise en œuvre rapide. L'accord vise à renforcer les échanges commerciaux entre l'UE et les pays du Mercosur.
L'accord avec le Mercosur devrait permettre à l'UE d'exporter davantage de voitures, de machines, de vins et de spiritueux vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. En contrepartie, il facilitera l'entrée en Europe de produits agricoles sud-américains.
Pour ses partisans, ce traité pourrait relancer une économie européenne en difficulté. Cependant, ses détracteurs, notamment en France, craignent qu'il n'affecte l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers, souvent non conformes aux normes de l'UE.
Ces derniers mois, de nombreux agriculteurs ont manifesté en France contre cet accord. Selon eux, il mettrait en péril leurs conditions de vie et de travail, déjà difficiles. La mobilisation témoigne de l'inquiétude croissante au sein du secteur agricole face à la concurrence accrue.
Les mesures adoptées par le Parlement européen représentent une tentative de protéger les agriculteurs face aux défis posés par l'accord avec le Mercosur. Cependant, les inquiétudes demeurent quant à l'impact réel sur l'agriculture européenne et les conditions de travail des agriculteurs. La situation reste à suivre de près.