
La présidente de la Commission européenne signera samedi au Paraguay le traité de libre-échange avec le Mercosur. Ce texte pourrait entrer en application provisoire sans attendre le vote du Parlement européen, comme l’a déclaré Annie Genevard sur BFMTV. Cette situation soulève des questions quant à l'attente d'un vote du Parlement.
Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, doit signer cet accord malgré l'opposition de la France et la colère des agriculteurs. Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a exprimé son désaccord avec cette possibilité d'application immédiate. Le Parlement européen doit se prononcer sur cet accord explosif le 20 janvier à Strasbourg.
Il est à noter que l’hémicycle européen pourrait saisir la Cour de justice de l’UE pour suspendre l'accord. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a souligné que « la messe n’est pas dite ». Cependant, une décision récente de la présidence chypriote a retiré une déclaration qui aurait conditionné l'application à un vote parlementaire.
Les réactions des députés européens sont vives. Pascal Canfin, eurodéputé Renaissance, a exprimé son incompréhension face à ce retournement de situation. Il a rappelé que la Commission européenne avait précédemment indiqué qu'elle ne proposerait pas d'application provisoire de l'accord Mercosur. Cette incohérence suscite des inquiétudes parmi les parlementaires.
Manon Aubry, eurodéputée LFI, a dénoncé un « coup de force scandaleux » et a insisté sur la nécessité d'un vote du Parlement. Marc Botenga, eurodéputé belge, a également critiqué l'application provisoire comme étant « antidémocratique », affirmant qu'elle nuira à l’agriculture durable.
Malgré les tensions, Annie Genevard assure que les parlementaires européens ont le pouvoir d'influencer ce dossier. Elle considère le Mercosur comme un accord défavorable et souligne les efforts de la France pour imposer des clauses de sauvegarde et renforcer les contrôles. Elle insiste sur l'importance de ce combat pour les futurs accords de libre-échange.
Genevard a déclaré : « Nous nous sommes battus pour que l’accord ne soit pas signé ». Elle espère que les négociations du Mercosur influenceront positivement les futurs accords de l'Union européenne.
En France, la mobilisation des agriculteurs se poursuit. Ce lundi, des actions de blocage ont eu lieu, notamment à La Rochelle et à Bayonne. Ces manifestations s'inscrivent dans un mouvement plus large de contestation contre l'accord Mercosur, avec des barrages filtrants établis sur divers sites.
Les agriculteurs expriment leurs préoccupations concernant l'impact de cet accord sur leur secteur. Ils craignent que les normes environnementales et sanitaires soient compromises au détriment de l'agriculture durable.
La signature du traité de libre-échange avec le Mercosur par la Commission européenne suscite de vives réactions et tensions. Les députés européens, ainsi que les agriculteurs français, continuent de s'opposer à une application provisoire de l'accord. L'avenir de cet accord demeure incertain, et le débat se poursuit au sein des institutions européennes.