
Dans une récente interview, Sébastien Lecornu a annoncé la signature de deux décrets concernant l’aide médicale d’État (AME). Ces décrets, publiés au Journal officiel, visent à réformer ce dispositif essentiel. Selon lui, il est crucial de le conserver tout en le modernisant pour répondre aux défis actuels.
Il a souligné que le RN, en critiquant l’AME, se trompe sur son importance sanitaire. « Ce dispositif est absolument indispensable », a-t-il déclaré, tout en pointant le manque de pragmatisme dans le débat politique français. La nécessité de réformer l'AME est donc évidente.
Le premier décret vise à renforcer la lutte contre la fraude au sein de l’AME. Cela pourrait permettre des économies estimées à 180 millions d’euros. Le Premier ministre a précisé que ces mesures sont essentielles pour assurer la pérennité du système tout en préservant les ressources publiques.
En parallèle, le second décret modernise les systèmes informatiques de l’État. Cela permettra à tous les fonctionnaires concernés d’accéder facilement aux dossiers liés à l’AME. « C’est du bon sens », a ajouté Lecornu, soulignant l'importance de la transparence et de l’efficacité administrative.
Interrogé sur une potentielle modification du panier de soins, Lecornu a laissé entendre qu'il pourrait être nécessaire d'envisager des changements. Cependant, il a précisé que les discussions étaient encore à un stade préliminaire et qu'il y avait d'autres urgences à traiter en priorité.
Cette ouverture à la réforme du panier de soins pourrait susciter des réactions variées, notamment de la part des acteurs de la santé. Le Premier ministre a également évoqué la stratégie migratoire en cours d’élaboration, qui inclut des mesures sur les visas et les reconduites à la frontière.
Créée en 2000, l’AME permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’une prise en charge à 100 % de leurs soins médicaux. Pour en bénéficier, il faut résider en France depuis au moins trois mois et respecter certaines conditions de ressources.
En 2024, près de 466 000 personnes ont profité de cette aide, un chiffre qui a doublé depuis 2014. Son coût a également doublé, atteignant 1,387 milliard d’euros, représentant 0,54 % du budget de l’Assurance maladie. Ces chiffres illustrent l'importance croissante de l'AME dans le paysage sanitaire français.
Cette réforme s’inscrit dans la continuité des positions affichées par Lecornu. Il avait précédemment reçu les auteurs du rapport Evin-Stefanini, qui ne demandent pas la suppression de l’AME, mais suggèrent des évolutions de certains critères. Cela le place en opposition avec la droite et l’extrême droite, qui favorisent une suppression du dispositif.
En revanche, cette position pourrait également déplaire à la gauche et aux organisations de santé. Ces derniers considèrent toute restriction comme une menace pour la santé publique. Le débat autour de l’AME est donc loin d’être clos.
En résumé, la réforme de l’aide médicale d’État par Sébastien Lecornu représente un tournant important dans la politique de santé en France. Les mesures annoncées visent à garantir la pérennité de ce dispositif tout en l’adaptant aux réalités actuelles. Reste à voir comment ces changements seront accueillis par l’ensemble des acteurs concernés.