Après de longues négociations avec plusieurs compagnies aériennes, Air Europa a enfin trouvé son partenaire idéal. En effet, la compagnie espagnole a cédé 26% de ses actions à Turkish Airlines lors d'une augmentation de capital de 300 millions d'euros, un accord validé la semaine dernière. Juan José Hidalgo, le fondateur de la compagnie, exprime un sentiment de sérénité face à cette opération.
Ce partenariat marque un tournant pour Air Europa, fondée dans les années 80 par Hidalgo, un entrepreneur autodidacte. Ses débuts dans le secteur du transport ont été modestes, transportant des travailleurs espagnols en bus. Aujourd'hui, avec l'entrée de Turkish Airlines, la compagnie semble retrouver un avenir prometteur.
Dans une interview, Hidalgo se dit très satisfait de l'entrée de capital turc dans la société. Il souligne que cela met fin à de nombreux problèmes financiers. En plus, il rappelle que British Airways a déjà investi 20% dans la compagnie, et que leur investissement a été doublé. Cette nouvelle collaboration avec Turkish Airlines est donc très satisfaisante.
Il évoque également l'importance de rester une entreprise espagnole et indépendante. Les discussions avec Iberia n'ont pas abouti, et Hidalgo a toujours cherché des partenaires qui respectent cette indépendance. Les négociations avec Turkish Airlines ont été plus rapides et efficaces, ce qui a permis d'atteindre un accord avantageux.
Sur les 300 millions d'euros reçus de Turkish Airlines, 275 millions seront convertis en actions, tandis que le reste sera utilisé pour régler un prêt contracté auprès de la SEPI pendant la pandémie. Hidalgo insiste sur le fait qu'il s'agit d'un prêt et non d'un sauvetage, ce qui témoigne de la rigueur de la gestion financière de la compagnie.
Ce prêt, avec des taux d'intérêt élevés, a été une charge importante pendant la crise. Hidalgo rappelle que la pandémie a mis en péril 5 000 emplois, et la situation était très incertaine. Malgré tout, il a réussi à éviter des licenciements massifs, même si des mesures de restructuration ont été nécessaires.
Hidalgo raconte les défis qu'il a dû relever pour maintenir l'entreprise à flot. Il a même dû vendre des hôtels pour payer ses employés. Malgré des pertes de 1,4 milliard d'euros, il a réussi à préserver l'emploi au sein de l'entreprise. La situation d'Air Europa a également pris une tournure politique, nécessitant des discussions avec des ministres pour assurer la survie de la compagnie.
Il a obtenu un crédit important de l'ICO, bien qu'à des conditions coûteuses. Ce soutien a été crucial pour la survie de l'entreprise, et Hidalgo se considère comme un entrepreneur qui a fait tout ce qui était nécessaire pour sauver ses activités.
Concernant ses interactions avec le gouvernement, Hidalgo admet n'avoir jamais rencontré Pedro Sánchez, le président du gouvernement espagnol. Il a tenté d'obtenir une audience, mais sans succès. Il s'interroge sur la nécessité de devoir insister pour être entendu par les autorités compétentes.
À son âge, Hidalgo reste impliqué dans les affaires de l'entreprise, bien qu'il ne soit plus dans le quotidien. Il est consulté par l'équipe dirigeante, mais se concentre sur d'autres projets, notamment un grand projet immobilier à Estepona, qui attend toujours les permis nécessaires.
Enfin, Hidalgo s'inquiète des conséquences potentielles des tarifs douaniers annoncés par Donald Trump. Il attend de voir si les nouveaux avions entraîneront une augmentation des coûts. Cela pourrait avoir un impact significatif sur l'aviation et sur les opérations d'Air Europa.
Les augmentations de coûts sur les avions d'Airbus et Boeing pourraient poser de sérieux problèmes à la compagnie. Hidalgo reste vigilant quant à l'évolution de la situation, conscient des défis à venir.
En résumé, l'accord entre Air Europa et Turkish Airlines représente une étape cruciale pour l'avenir de la compagnie. Avec des solutions financières en place et des partenariats solides, Air Europa semble bien positionnée pour naviguer dans le paysage aérien post-pandémique. Hidalgo, tout en gardant un œil sur les défis, reste déterminé à voir son entreprise prospérer.