Le centre de détention controversé de Donald Trump, surnommé "Alligator Alcatraz", a vu sa population de détenus diminuer de moitié suite à une décision judiciaire. Selon Tom Homan, responsable des frontières, cette décision pourrait entraîner un vide total du centre dans les jours à venir. Cette structure, située dans les marécages de la Floride, a ouvert en juillet pour soutenir la politique de déportation de masse de l'administration Trump.
Depuis son ouverture, le centre a fait face à de multiples défis juridiques concernant ses conditions de vie et son impact environnemental sur l'écosystème sensible des Everglades, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. La semaine dernière, un juge fédéral a émis une injonction préliminaire suspendant l'expansion de l'établissement et ordonnant le transfert des détenus dans un délai de 60 jours.
Lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, Homan a confirmé que le nombre de détenus avait chuté de moitié depuis la décision du juge. Il a précisé que le centre pouvait accueillir jusqu'à 3 000 personnes à l'origine. Homan a exprimé son désaccord avec la décision judiciaire, affirmant avoir constaté des conditions propres et bien entretenues lors de sa visite.
Il a également défendu les installations médicales du centre, les qualifiant de supérieures à celles de nombreux citoyens américains. De plus, il a mentionné la présence de plateformes pour hélicoptères, permettant de transférer les détenus vers un centre de traumatologie à proximité, tout en minimisant les préoccupations environnementales liées à la gestion des déchets.
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré que l'administration respecterait les ordres du tribunal, mais ne reculerait pas. Elle a qualifié d'odieux le fait qu'un juge activiste se soit immiscé dans cette affaire. Selon elle, le transfert des migrants imposé par la décision judiciaire constitue un fardeau inutile pour les responsables de la sécurité intérieure.
Kevin Guthrie, directeur de la Division de la gestion des urgences de Floride, a estimé que le centre serait probablement vide dans quelques jours, selon des échanges d'e-mails. Cette décision représente un revers pour l'administration Trump, qui cherche à renforcer ses capacités de détention.
Bien que la décision du juge soit un coup dur pour l'administration, d'autres installations temporaires sont en cours de construction dans plusieurs États dirigés par des républicains. Cela inclut un second centre en Floride, surnommé 'Deportation Depot', et un autre en Indiana, connu sous le nom de 'Speedway Slammer'.
Homan a souligné que, bien qu'Alligator Alcatraz soit un bon centre de transition, il n'est pas une solution à long terme. Il a exprimé la nécessité d'augmenter les infrastructures de détention, affirmant que "nous avons maintenant l'argent pour construire des installations permanentes".
Le budget massif signé par le président Trump le 4 juillet prévoit 45 milliards de dollars pour l'expansion des centres de détention, ce qui pourrait permettre de financer jusqu'à 116 000 nouveaux lits. De plus, 170 milliards de dollars ont été alloués à l'application des lois sur l'immigration et la sécurité des frontières, dont 75 milliards pour que l'ICE mène des opérations de déportation.
La situation à 'Alligator Alcatraz' est en constante évolution, et les implications de ces décisions judiciaires et politiques continueront de se faire sentir dans le cadre des efforts de l'administration en matière d'immigration.