
La centrale européenne d’E.Leclerc, Eurelec, a récemment reçu une amende considérable de plus de 33 millions d’euros. Cette sanction est due à son non-respect des délais pour conclure les négociations commerciales avec certains fournisseurs français. La répression des fraudes a annoncé cette décision ce lundi.
Selon un communiqué de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), « une amende de 33 537 615 euros a été prononcée » contre la société Eurelec Trading SCRL (LECLERC). Cette amende concerne 70 manquements aux obligations de signature des conventions avec les fournisseurs, qui devaient être finalisées avant le 1er mars 2025.
Cette situation a suscité des réactions, notamment de la part de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Elle a critiqué les exigences de la grande distribution en matière de tarifs, les qualifiant d'« incompatibles avec les demandes des industriels ». Dans ses déclarations, elle a évoqué un chantage mortifère pour l’agroalimentaire, en raison de menaces de déréférencement de certaines marques.
Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a répondu sur Public Sénat. Il a affirmé que la ministre s’exprimait au nom de la corporation qu’elle défend, tout en précisant qu’elle n’utilisait « pas les bons mots » pour décrire les négociations entre supermarchés et fournisseurs.
Leclerc a souligné que le monde agricole a l’impression que « les industriels et distributeurs empêchent d’augmenter les rémunérations ». Il a mis en avant le fait que « c’est la matière première industrielle qui fait la différence » dans les négociations. Selon lui, les multinationales de l’agro-industrie manquent de transparence, ce qui complique la situation.
Il a également noté que les distributeurs doivent répondre aux demandes des consommateurs, qui souhaitent éviter des augmentations de prix. Ainsi, chaque acteur joue son rôle dans ce processus complexe. Leclerc a insisté sur le fait que « ce sont les industriels qui ne nous livrent pas », citant le chocolatier suisse Lindt comme exemple de négociations difficiles.
Michel-Édouard Leclerc a précisé qu’il était en retrait des négociations commerciales et n'intervenait pas dans la relation entre fournisseurs et distributeurs. Il a également mentionné qu'il serait auditionné par la commission d’enquête du Sénat sur les marges commerciales. Cependant, il n’a pas précisé la date de cette audition.
En résumé, l’amende imposée à Eurelec soulève des questions importantes sur les pratiques commerciales dans le secteur de la grande distribution. Les déclarations de la ministre de l’Agriculture et de Michel-Édouard Leclerc mettent en lumière les tensions entre les distributeurs et les industriels. Cette situation mérite une attention particulière pour comprendre les enjeux de l’agroalimentaire en France.