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En Andalousie, la grève des médecins atteint près de 25 %

Médecins en Andalousie rassemblés devant un hôpital, pancartes et blouses blanches lors de la grève
Grève des médecins en Andalousie

Hausse modeste lors de la troisième semaine de mobilisation

La troisième semaine de grève des médecins en Andalousie, lancée contre l’Estatuto Marco porté par le gouvernement espagnol, s’est achevée jeudi sur un léger regain : le suivi en matinée a dépassé 24 %, le niveau le plus élevé depuis lundi dernier, où il était de 19,31 %. Après un mardi à 19,94 % et un mercredi à 21,84 %, la mobilisation montre des hauts et des bas mais conserve une ampleur suffisante pour alimenter les tensions politiques.

Disparités provinciales dans le suivi

Le poids géographique de la contestation est inégal. Le suivi en matinée atteint 32,05 % à Almería, 24,23 % à Cádiz, 19,39 % à Córdoba, 23 % à Granada, 31,31 % à Huelva, 11,82 % à Jaén, 27,04 % à Málaga et 27,11 % à Sevilla. Antonio Sanz, conseiller à la Santé de la Junta, a reconnu que chaque jour de grève coûte environ 50 000 examens et consultations perdus.

Les autorités alertent sur l’impact pour les patients

Les chiffres parlent d’eux‑mêmes : des milliers de rendez‑vous et d’opérations ont été annulés, et les listes d’attente s’allongent, selon les autorités andalouses. La porte‑parole du gouvernement régional, Carolina España, a insisté mercredi pour dire que la grève est « contre le gouvernement de Pedro Sánchez » et a demandé à Madrid de « mettre un frein » à la situation, soulignant l’impact direct sur les patients.

La conseillère de l’Économie, des Finances, des Fonds européens et du Dialogue social a, elle, accusé l’exécutif central d’être « incapable de dialoguer » et a demandé une solution urgente : « Nous sommes préoccupés. Il faut mettre un frein parce que cela affecte les listes d’attente », a‑t‑elle déclaré, dénonçant l’incapacité à résoudre le conflit depuis Madrid. Pour se défendre, le gouvernement andalou rappelle avoir approuvé une carrière professionnelle et augmenté le budget de la santé de 60 % après des années de revendications.

Un affrontement institutionnel aux coûts humains

Le récit qui se joue ici dépasse des pourcentages : il oppose deux niveaux de pouvoir et met en lumière un dilemme simple et brutal — quand médecins et administrations s’opposent, ce sont les patients qui paient la note. Les chiffres provinciaux et l’estimation des pertes quotidiennes donnent une image nette du coût humain et organisationnel d’une grève qui, selon Madrid et Séville, n’a pas fini de faire débat.

Publié le : 30 avril 2026
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