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Carles Sans : "Je pars parce que je ne veux pas être comme ces artistes que l'on regarde avec plus d'affection qu'admiration"

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Carles Sans : Une Dernière Salutation

Après 43 ans avec Tricicle et quatre en solo, Carles Sans (Badalona, 1955) a décidé de quitter les scènes. Il le fait avec un ultime spectacle, intitulé 'Por fin me voy', dont la tournée parcourt déjà l'Espagne. Le nombre impressionnant de représentations et la vente rapide des billets pourraient inciter à poursuivre, mais le comédien reste ferme : "Je pars, même si le jour précis dépendra du succès du spectacle."

Il ajoute avec humour : "Une départ très personnel, souvent, entre le moment où nous annonçons notre départ et le moment où cela se réalise, il s'écoule deux verres." Lorsque l'on lui demande si le "por fin" du titre reflète son propre soulagement ou celui des autres, il répond en riant : "Un peu des deux, je suppose."

Une Décision Réfléchie

Face à la question de son dernier jour sur scène après tant d'années, Carles avoue : "Je n'y pense pas vraiment." Il explique que cette tournée a une dimension émotionnelle inévitable, mais qu'il préfère vivre le moment sans pression. "Je ne me souviens même pas de la dernière performance de Tricicle, malgré son importance." Ce qui le préoccupe, c'est de clore une phase de sa vie.

Interrogé sur sa décision de partir alors qu'il remplit encore les salles, il déclare : "Je ne me sens pas obligé de continuer. C'est une décision personnelle et j'ai ressenti que c'était le moment de fermer ce chapitre." Cependant, il précise qu'il continuera à diriger des projets, comme 'El Tenorio'.

Un Équilibre à Retrouver

Carles avoue aimer le jeu sur scène, mais il ressent également le poids des tournées. "J'ai passé plus de nuits sur la route que chez moi. Cela devient épuisant." Il reconnaît que, bien que son parcours ait été rempli de succès, il est temps de se concentrer sur d'autres aspects de sa vie.

Il se remémore sa carrière : "Cinquante ans de théâtre, c'est incroyable. Chaque représentation a été un cadeau." Son bilan est positif, avec des milliers de spectateurs et des productions à succès, même après avoir pris un risque en poursuivant une carrière solo.

Un Voyage Inattendu

Carles évoque ses débuts avec ses amis : "Nous n'aurions jamais imaginé devenir des stars." Ils ont commencé avec passion, sans penser à la portée internationale qu'ils atteindraient. "Le fait de ne pas parler a ouvert des portes, mais c'était risqué." Il se souvient des défis de faire rire sans mots, ce qui a finalement été un succès.

Lorsqu'ils ont commencé à parler, même un peu, cela a été un tournant. "Nous avions hâte de nous exprimer, mais nous avons toujours su que le silence était notre force." En solo, il a dû s'adapter, mais il apprécie maintenant cette nouvelle forme d'expression.

Une Époque Révolue

Carles souligne que la scène théâtrale de Barcelone dans les années 80 était unique. "Nous avons bénéficié d'une influence européenne et avons marqué l'époque." Cependant, il constate que le théâtre a perdu de son poids dans la culture espagnole actuelle. "Nous étions le résultat d'un moment sociopolitique déterminé, avec une forte envie de nous exprimer."

Il note que la professionnalisation des acteurs a changé la dynamique. "Avant, nous étions impliqués dans tous les aspects, mais maintenant, chaque personne a son rôle." Bien que cela ne soit pas nécessairement négatif, il déplore la perte d'implication collective.

Un Avenir à Redéfinir

Concernant son avenir, Carles dit : "Dans 'Por fin me voy', je parle de ce que je devrais faire après." Il n'est pas inquiet, mais il sait qu'il devra trouver de nouvelles passions. "Je ne me vois pas faire du jardinage." Il se sent encore plein d'énergie et souhaite partir au bon moment, sans être un artiste dont on se souvient avec trop de tendresse.

En conclusion, Carles Sans se retire avec une carrière riche et pleine de souvenirs. Il a su jongler entre passion et profession, tout en gardant un regard lucide sur son parcours. "Il faut savoir partir," dit-il, et il le fait avec le sourire.

Publié le : 15 janvier 2026
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