
Les oursins, souvent de couleur violette et hérissés de piques, connaissent une augmentation significative de leur présence sur les marchés bretons. Depuis un peu plus d'un an, ces "hérissons de mer" affluent dans le Finistère. Cependant, les raisons de cette invasion demeurent floues, en raison d'un manque de recherche sur le sujet.
Les oursins ne sont ni des crustacés ni des mollusques, mais des invertébrés appartenant à la famille des échinodermes. Ils se retrouvent dans toutes les mers du monde, mais leur consommation a diminué en France au fil des décennies. Philippe Perrot, vice-président du comité des pêches du Finistère, souligne qu'ils étaient souvent oubliés des assiettes, excepté pour la décoration des plateaux de fruits de mer lors des fêtes.
Cette situation a changé récemment, avec une augmentation de la pêche artisanale. Les marins, spécialisés en plongée, récupèrent ces herbivores méconnus qui se nourrissent principalement d'algues. Le Finistère, avec son vaste champ naturel d'algues, offre un habitat idéal pour ces animaux.
La pêche aux oursins est désormais réglementée, notamment pour les espèces Echinus esculentus, Paracentrotus lividus et Sphaerechinus granularis. Cette réglementation vise à protéger les populations d'oursins, surtout les deux dernières espèces, les plus présentes dans la région. Depuis le 22 avril 2025, plusieurs marins-pêcheurs professionnels ont obtenu une licence pour cette activité.
Le volume de pêche hebdomadaire est fixé à 1 000 kg par navire, avec une limite de 400 kg par jour. Philippe Perrot mentionne qu'il existe actuellement cinq armateurs titulaires de licence dans le nord et sept dans le sud du Finistère.
La vente d'oursins a connu un véritable essor en 2025, avec une commercialisation de 38 tonnes. Le prix, qui variait entre 10 et 30 € le kilo, se stabilise autour de 20 € le kilo, selon la Criée de Brest. Cette fluctuation des prix témoigne de l'intérêt croissant pour ce produit de la mer.
Augustin Malliart, un pionnier de cette pêche, vend ses produits à travers le réseau de pêche durable Poiscaille. Il souligne l'importance d'une réglementation pour garantir la durabilité de cette ressource. Malliart plaide pour une gestion prudente des populations d'oursins, tout en encourageant l'intégration de jeunes pêcheurs dans ce secteur.
En somme, les oursins connaissent une renaissance dans la gastronomie bretonne, grâce à une pêche réglementée et à une demande croissante. Les efforts pour assurer une gestion durable de cette ressource marine sont cruciaux pour l'avenir de la pêche en Bretagne. Avec une attention particulière portée à la réglementation, ce produit pourrait continuer à séduire les gourmets tout en préservant l'écosystème marin.