
Le parquet de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) a annoncé l'ouverture d'une enquête suite à un incident survenu lors d'un carnaval. Une poupée géante à l’effigie de Jordan Bardella a été brûlée, suscitant de vives réactions. Cet événement a été filmé et diffusé sur les réseaux sociaux, montrant le mannequin en flammes sur la place publique d’Hasparren, le 7 février.
La poupée, habillée en bleu, blanc et rouge, affichait un brassard avec l'inscription « I LOVE MARINE ». Mariel Garrigos, procureure de la République à Bayonne, a déclaré dans un communiqué que ces faits pourraient constituer des infractions. Une enquête préliminaire a été ouverte le 12 février pour examiner les circonstances de cet incident.
La procédure vise à déterminer si des faits tels que l’« outrage sur une personne dépositaire de l’autorité publique » ou la « provocation publique à la commission d’infractions » ont eu lieu. Ces infractions seraient dirigées contre une personne en raison de ses opinions politiques. Il est également question de « menace de commettre un crime ou un délit » à l'encontre d'une personne investie d’un mandat public électif.
Plusieurs élus du Rassemblement national (RN) ont condamné ces actes. Le député européen Matthieu Valet a accusé l’« extrême gauche » de transformer le carnaval en une « tribune de haine ». Philippe Ballard, député de l’Oise, a également dénoncé cette « mise en scène de haine politique ».
Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches de la gendarmerie de Bayonne. Ce carnaval s'inscrit dans la tradition de Saint Pansart (Zan Pantzar en basque), qui remonte au moins à 1587. Organisé un samedi de la « période grasse », il représente une forme de théâtralisation des règlements de comptes, de la mort et du deuil de l’année écoulée.
Dans ce cadre, Zan Pantzar est symboliquement « jugé » sur une place publique, condamné et brûlé. Cette pratique a été précisée dans une fiche de l’Institut culturel basque, réalisée en 2020 à la demande du ministère de la Culture. Il est important de souligner que cette tradition vise à préserver le patrimoine culturel immatériel.
Il y a dix ans, un incident similaire s'était produit lorsque les carnavaliers avaient brûlé une poupée à l’effigie de l’évêque de Bayonne, Mgr Marc Aillet. Ces événements soulèvent des questions sur les limites de la liberté d'expression et le respect des personnalités publiques. Ils mettent en lumière les tensions politiques qui peuvent se manifester lors de manifestations culturelles.
En somme, l'enquête ouverte par le parquet de Bayonne souligne l'importance de traiter avec soin les événements culturels, surtout lorsqu'ils touchent à des figures politiques. La tradition du carnaval, bien ancrée dans la culture basque, doit être équilibrée avec le respect des individus. Cet incident pourrait avoir des répercussions sur la manière dont ces célébrations sont perçues à l'avenir.