Fin juillet, le parquet de Bordeaux a décidé de rouvrir une enquête sur le suicide de Krisztina Rády survenu en 2010. Cette ancienne épouse de Bertrand Cantat, chanteur de Noir Désir, était déjà au cœur d'une affaire tragique. Cantat avait été condamné pour le meurtre de sa compagne Marie Trintignant en 2003. Le procureur s'appuie sur de nouveaux éléments révélés par le documentaire Netflix intitulé « De rock star à tueur : le cas Cantat ».
Ce documentaire a mis en lumière plusieurs affirmations et témoignages qui n'avaient pas été pris en compte dans les quatre procédures précédemment ouvertes. Le magistrat a souligné que ces informations pourraient être cruciales pour comprendre les circonstances entourant la mort de Krisztina Rády.
La réouverture de l'enquête a suscité des réactions mitigées au sein de la famille de Krisztina. Pour Andrea Rády, sa sœur, il est trop tard pour mener de nouvelles investigations. Elle estime que les enquêtes auraient dû être complètes à l'époque des faits. À RTL, elle a déclaré : « Après tout ce temps, ça n’a plus de sens ». Son avocat a également exprimé le même sentiment.
Les parents de Krisztina ont également exprimé leur souhait de trouver l'apaisement. Ils ne comprennent pas pourquoi le dossier est rouvert, surtout en insinuant que leur gendre aurait commis un suicide forcé. Me Tibor-Louis Leh a souligné que leur position est claire et que le documentaire est « particulièrement à charge ».
Après le décès de Krisztina, ses parents ont souvent évoqué la violence de Cantat, affirmant qu'il « terrorisait » leur fille. Cependant, dès 2013, ils ont exprimé des doutes sur la responsabilité exclusive de Cantat. Par le biais de leur avocat, ils ont déclaré qu'il y avait « beaucoup d'autres raisons complexes » expliquant le suicide de leur fille.
Me Leh a insisté sur le fait que les causes du suicide sont multiples et qu'il est important de ne pas réduire cette tragédie à une seule personne. Cette perspective soulève des questions sur la nature des relations et les facteurs psychologiques impliqués.
Actuellement, la situation des parents de Krisztina est préoccupante. Le père est récemment décédé, et la mère, âgée de 82 ans, souffre de troubles cognitifs qui l'empêchent de s'exprimer sur le dossier. Cette réalité rend encore plus difficile la réouverture de l'enquête, car ils ne peuvent pas participer activement aux discussions.
Leur avocat a précisé que les parents souhaitent désormais se concentrer sur leur bien-être et éviter de raviver des souvenirs douloureux. Cela souligne l'impact émotionnel que cette affaire continue d'exercer sur la famille.
La réouverture de l'enquête sur le suicide de Krisztina Rády soulève des questions complexes. Alors que de nouveaux éléments émergent, la famille reste divisée sur la nécessité d'une enquête. Le souhait d'apaisement des parents et leur état de santé compliquent davantage la situation. Les circonstances tragiques de cette affaire continuent de hanter ceux qui l'ont vécue.