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Le bidonville de la porte d’Aubervilliers fait son retour

Bidonville à la porte d’Aubervilliers : tentes et cabanes alignées près d’un grillage, immeubles au fond
En résumé — ce qui change

30 mars 2026 : le bidonville de la porte d’Aubervilliers est de retour.

  • La situation a été qualifiée ainsi : « Comme si toute la misère de Paris arrivait à cet endroit ».

Un camp masqué le long de la porte d’Aubervilliers

Des rires d’enfants percent derrière de hautes clôtures grillagées, le long de la bretelle d’accès au périphérique intérieur depuis la porte d’Aubervilliers (XIXe). Les baches tentent de masquer le camp, mais elles laissent voir des fauteuils défoncés, du petit électroménager posés à même la terre, des kilos de sacs de gravats et des abris faits de planches et de matériaux récupérés. L’air est celui d’un lieu provisoire qui ressemble pourtant à un habitat installé.

Une parcelle municipale devenue refuge

Des dizaines de familles de la communauté rom ont investi cette parcelle en décembre. La parcelle appartient à la Ville de Paris et longe le mail Émile‑Bollaert, sur la forêt linéaire qui mène au quartier Rosa‑Parks. Ces éléments situent le camp: une parcelle municipale, à deux pas d’un axe majeur, devenue refuge faute d’alternative.

Les autorités face à une situation délicate

« C’est un endroit propice à l’installation de camps de fortune », observe‑t‑on dans l’entourage du maire (PS) du XIXe, François Dagnaud, réélu le 22 mars. « C’est une situation complexe à gérer, notamment compte tenu de la présence d’enfants en bas âge. » Le constat est clair et froid: la présence d’enfants rend toute intervention plus délicate, et la responsabilité municipale se heurte aux réalités du terrain.

Entre urgence humanitaire et sécurité routière

Sur place, la question qui revient est simple et dure: comment concilier urgence humanitaire, salubrité et sécurité routière? Les familles parlent peu aux passants; elles improvisent une vie entre palettes et bâches, sous le regard des automobilistes. Pour les riverains et les services municipaux, l’équation est la même et sans solution unique — démontrer un mal-être sans pouvoir immédiatement le résoudre.

Ce camp n’est pas un fait isolé mais une pièce du paysage urbain: une parcelle municipale transformée en refuge, à quelques mètres d’une voie rapide. La présence d’enfants et la précarité des installations rendent la situation urgente. Reste à savoir qui prendra l’initiative concrète — relogement, évacuation, accompagnement social — et dans quels délais, alors que la parcelle continue d’accueillir des vies qui n’ont pas attendu qu’on se mette d’accord.

Publié le : 30 mars 2026
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