
Dans un marché animé de Gaza, un réparateur de billets examine minutieusement un billet de 100 shekels usé. Au lieu d'étudier à l'université, Baraa Abu al-Aoun gagne sa vie en redressant et en restaurant des billets de banque. Ce métier est devenu essentiel dans un contexte économique difficile.
Depuis l'attaque meurtrière de Hamas sur Israël en 2023, Gaza a connu un effondrement économique sans précédent. Les transferts de billets de banque ont été stoppés, et de nombreuses banques ont été détruites ou pillées. Les gens ont donc dû se tourner vers des marchands d'argent informels, qui imposent des commissions élevées pour convertir des transferts numériques en espèces.
Actuellement, quatre personnes sur cinq sont au chômage, et même ceux qui ont un revenu peinent à accéder à des liquidités. La situation est telle que les billets existants sont plus précieux que jamais, peu importe leur état d'usure. Baraa, avec ses outils simples, aide ainsi la population à faire face à cette crise.
La pénurie de liquidités a créé des problèmes pour les vendeurs et les acheteurs. Les billets usés ne sont plus acceptés facilement, ce qui complique les transactions quotidiennes. Les clients cherchent souvent des petits changements, mais ceux-ci se font rares, aggravant encore la situation.
Les files d'attente devant les banques sont devenues monnaie courante. Les clients tentent de réactiver des comptes ou d'ouvrir de nouveaux comptes, mais le processus est chaotique et long. Les gens se battent pour accéder à des services bancaires de base, laissant de nombreux besoins non satisfaits.
Face à la nécessité urgente de liquidités, de nombreux petits commerçants ont commencé à facturer des commissions élevées pour transformer des transferts électroniques en espèces. Ces frais peuvent atteindre jusqu'à 50%, mais ont récemment diminué. Un marchand anonyme explique que les taux de commission fluctuent en fonction de l'activité du marché.
Les transferts électroniques via des applications bancaires sont devenus une solution populaire pour les achats quotidiens. La Banque de Palestine a mis en place un système de paiement permettant des transactions instantanées entre comptes locaux, facilitant ainsi l'accès à des fonds pour ceux qui en ont besoin.
Les e-wallets sont utilisés pour envoyer de l'aide financière directement aux familles dans le besoin. Des agences humanitaires comme Unicef et le Programme alimentaire mondial utilisent ces systèmes pour fournir des fonds essentiels. Unicef a réussi à transférer des liquidités à environ un million de personnes, dont de nombreux enfants.
Ces transactions permettent une traçabilité élevée des dépenses, garantissant que l'aide parvienne à ceux qui en ont le plus besoin. Les bénéficiaires utilisent souvent ces fonds pour acheter des produits de première nécessité, malgré les prix exorbitants des denrées alimentaires.
Alors que Baraa Abu al-Aoun continue de réparer des billets, il espère un retour à une vie normale. La situation à Gaza est désespérée, et les habitants ne survivent que grâce à des solutions temporaires. Les défis économiques persistent, et l'avenir semble incertain pour cette région dévastée.