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Regarder la Birmanie dévastée depuis la ville de réfugiés à une frontière assiégée par le crime organisé

Publié le : 2 avril 2025

Introduction

Dans une cafétéria qui évoque le célèbre Rick's Café de Casablanca, un groupe de jeunes est captivé par leurs smartphones. Ils visionnent des vidéos et des images des conséquences dévastatrices du séisme en Birmanie. Le silence est ponctué par des appels vidéo de familles inquiètes. Bien que nous soyons en Thaïlande, seules des conversations en birman résonnent.

Un exode forcé

Les jeunes présents ont fui le service militaire obligatoire instauré l'année précédente. Soe Mg, 19 ans, déclare : "Nous ne combattrons pas pour un régime militaire qui a détruit notre démocratie." Il envisage de retourner chez lui pour aider les victimes du séisme, qui a déjà causé plus de 2 700 morts.

Sa famille réside dans un village central de Birmanie, la région la plus touchée. Pour échapper à la conscription, il a entrepris un périple avec huit amis, utilisant leurs économies pour corrompre des groupes rebelles afin de traverser le État de Karen et franchir la frontière nocturne.

La situation à la frontière

La frontière entre la Thaïlande et la Birmanie s'étend sur 2 400 kilomètres. Depuis le coup d'État de février 2021, des dizaines de milliers de réfugiés ont traversé le fleuve Moei, fuyant la guerre et les persécutions militaires. Les organisations humanitaires tentent de fournir de l'aide, mais l'accès aux zones dévastées par le séisme est devenu presque impossible.

Un jeune soldat thaïlandais, My, patrouille la frontière depuis un an. Il explique que bien que le tremblement de terre ait été ressenti, il n'y a pas eu de dommages graves dans sa région. Cependant, il met en garde contre les mafias qui exploitent les réfugiés, signalant la proximité de la ville birmane de Myawaddy, un centre de fraudes téléphoniques.

La vie des réfugiés

Sur le côté thaïlandais de la frontière, des enfants jouent au football et des jeunes font du volley-ball, tous étant des réfugiés birman. Waiyuemo, vêtu d'un maillot de l'Atlético de Madrid, raconte avoir fui les bombardements il y a un an. Depuis les années 1980, des milliers de familles birmanes ont cherché refuge en Thaïlande, fuyant les conflits entre l'armée et les groupes rebelles.

Le dernier coup militaire a également poussé des artistes et écrivains birman à quitter leur pays, enrichissant la culture locale à Mae Sot. Une cafétéria gérée par un couple de musiciens offre un abri à d'autres réfugiés, bien qu'ils craignent pour leur sécurité à cause des espions du régime présents dans la région.

Les défis rencontrés

À Mae Sot, la population birman est estimée à plusieurs centaines de milliers, bien au-delà des 120 000 habitants officiellement enregistrés. Beaucoup vivent dans des installations précaires, tandis que d'autres sont confinés dans des camps de réfugiés considérés comme des prisons. La Thaïlande, ne signant pas la Convention des Nations Unies sur les réfugiés, rejette chaque année des milliers de demandes d'asile.

Les réfugiés doivent souvent payer des pot-de-vin à la police locale pour éviter l'expulsion. Un accord non écrit stipule qu'ils doivent verser 300 bahts par mois pour obtenir une carte leur permettant de rester en Thaïlande sans être arrêtés.

Conditions de vie et criminalité

À leur arrivée en Thaïlande, les réfugiés sont généralement pris en charge par des organisations humanitaires. Cependant, l'aide a été suspendue, affectant gravement les soins de santé. La ville de Mae Sot est devenue un point névralgique pour le trafic transfrontalier, attirant des victimes de toute la région.

Les victimes, souvent attirées par de fausses promesses d'emploi, finissent piégées dans des centres de fraude à Myawaddy. Joy, un réfugié birman, témoigne des dangers qui menacent les communautés isolées près de l'épicentre du séisme, soulignant la nécessité d'une aide humanitaire urgente.

Conclusion

La situation à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie est tragique. Les réfugiés vivent dans des conditions précaires, fuyant la violence et cherchant désespérément un avenir meilleur. Les défis humanitaires restent immenses, et il est crucial que la communauté internationale prenne conscience de cette crise. La solidarité et l'aide sont essentielles pour soutenir ces populations vulnérables.

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