
Après la publication de documents du ministère de la Justice montrant qu’il avait rencontré et échangé des courriels avec Jeffrey Epstein il y a plus d’une décennie, Bob Kerrey a présenté sa démission du conseil d’administration de la start-up énergétique Monolith. Il a confirmé, par texto mercredi, que sa démission — intervenue vendredi — répondait à la crainte que ces révélations « rendent difficile leur réussite ». Il a aussi déclaré qu’il « n’offrir[ait] aucune défense » de ces rencontres et qu’« si [il] avait su alors ce que [il] sais[ait] maintenant, [il] n’aurait pas accepté de rencontre ».
Les échanges et la rencontre évoqués par le ministère remontent à 2013, plusieurs années après la condamnation de Jeffrey Epstein en 2008 pour sollicitation de prostitution avec une mineure. Cette chronologie alourdit la perception publique, d’autant que Epstein s’est donné la mort en 2019 alors qu’il faisait face à des accusations fédérales de trafic sexuel.
Présentée comme productrice d’hydrogène à faibles émissions et de noir de carbone — une matière largement utilisée dans la fabrication de pneumatiques et d’autres produits en caoutchouc — Monolith affichait Bob Kerrey à la présidence de son conseil depuis plusieurs années. L’entreprise n’a pas répondu aux demandes de commentaire après la parution des documents du ministère.
Âgé de 82 ans, Bob Kerrey a occupé des fonctions politiques et académiques marquantes : sénateur des États-Unis pour le Nebraska de 1989 à 2001, ancien gouverneur du Nebraska dans les années 1980 et candidat à la présidence en 1992. Il avait également quitté la présidence de la New School en 2010 puis conservé le titre de président émérite jusqu’en 2013 — la même année où la rencontre avec Epstein a eu lieu.
Ces éléments, révélés par le ministère de la Justice, ont suffi à rompre un engagement public que beaucoup supposaient sans tache ; en effet, Kerrey a jugé préférable de se retirer pour ne pas entraver le développement de l’entreprise. Ainsi se referme, au moins provisoirement, un chapitre dont la portée politique et symbolique dépasse la seule gouvernance d’une start-up.
La démission marque une réponse claire aux nouvelles révélations et laisse en suspens les réactions publiques et institutionnelles à venir.