
Le Congrès brésilien a sombré dans le chaos mardi alors que des législateurs conservateurs continuaient de promouvoir une loi visant à réduire la peine de prison de l'ancien président Jair Bolsonaro. Un député de gauche a été expulsé par la police après avoir tenté de perturber les travaux, tandis que des images montraient des échauffourées alors que la sécurité tentait de rétablir l'ordre.
Bolsonaro a commencé une peine de 27 ans de prison en novembre pour avoir tenté de comploter un coup d'État après sa défaite électorale en 2022. Ses alliés conservateurs au Congrès ont proposé une loi réduisant les peines pour les infractions liées au coup d'État, ainsi que la libération de dizaines de partisans de Bolsonaro qui ont pris d'assaut des bâtiments gouvernementaux peu après son départ.
Parallèlement, des documents judiciaires ont révélé que l'équipe juridique de Bolsonaro avait déposé une demande officielle demandant à un tribunal de lui permettre de quitter la prison pour subir une chirurgie. Cette demande réitère une requête pour que l'ancien président puisse purger sa peine sous assignation à résidence pour des raisons de santé.
Le sort de Jair Bolsonaro, un populiste de droite, reste un sujet divisif au Brésil. Ses alliés ont exploré plusieurs voies pour l'exonérer. La dernière tentative de réduire la peine de l'homme de 70 ans consiste à proposer une loi révisant les sanctions pour les personnes en fonction, y compris une réduction significative des peines pour les infractions dont Bolsonaro a été reconnu coupable.
Un des législateurs à l'origine de cette initiative a déclaré à l'agence de presse AFP que cela réduirait la peine de Bolsonaro à deux ans et quatre mois de prison. Lors d'un débat houleux sur la proposition, le politicien de gauche Glauber Braga a brièvement occupé le fauteuil du président, qualifiant cela de protestation contre une « offensive de coup ».
La chambre devait voter sur l'expulsion de Braga pour son rôle dans une altercation précédente, l'une des nombreuses expulsions proposées dans le cadre d'un ensemble de réformes disciplinaires. La police a expulsé Braga au milieu d'une bagarre dans la chambre, et le flux TV a été coupé, ce qui a été condamné comme de la censure par un groupe représentant les journalistes.
À la fin de la nuit de mardi, la loi réduisant la peine de Bolsonaro, qui nécessiterait une ratification par la seconde chambre de la législature, n'avait pas été adoptée. Bolsonaro a reçu une longue peine de prison en septembre après que les juges de la Cour suprême ont conclu qu'il avait proposé un coup d'État aux dirigeants militaires.
La situation autour de Bolsonaro et de ses partisans reste tendue, alors que des tentatives pour réduire les peines continuent de susciter des protestations et des divisions au sein du Congrès. La lutte pour l'avenir politique de Bolsonaro est loin d'être terminée, et les débats sur la législation à venir continueront de marquer l'actualité brésilienne.