
Le projet de supercalculateur IA à Bordeaux représente une initiative majeure pour l'économie locale. Le maire écologiste, Pierre Hurmic, a annoncé ce projet le 7 janvier dernier, soulignant l'importance de la souveraineté numérique. Avec un investissement de 3 milliards d'euros, Bordeaux se positionne comme un acteur clé dans le domaine de l'intelligence artificielle.
Le projet BXIA, qui signifie Bordeaux IA, prévoit l'implantation de cinq data centers de 50 MW IT chacun d'ici fin 2030. Cela représente un total de 250 MW IT, surpassant le plus grand data center actuel de France, situé en Seine-Saint-Denis. Benjamin Delaux, président de BXIA, précise que ce campus accueillera également un supercalculateur pour des applications stratégiques telles que la recherche scientifique et les services publics.
La nécessité de ce projet est accentuée par le fait que 92 % des données numériques françaises sont actuellement hébergées aux États-Unis. Cela pose des questions sur la dépendance de la France vis-à-vis des infrastructures étrangères et sur la sécurité des données. Delaux souligne l'importance de garantir la souveraineté des données numériques.
Le lancement de ce projet s'inscrit dans un contexte de compétition régionale pour attirer des investissements dans l'intelligence artificielle. L'Élysée a annoncé un plan d'investissement de 109 milliards d'euros pour l'IA, ce qui a intensifié la concurrence entre les différentes régions. Stéphane Delpeyrat-Vincent a averti les élus de Bordeaux Métropole de ne pas rater cette opportunité.
La cession d'un terrain, actuellement utilisé comme parking et recouvert de panneaux solaires, a suscité des débats. Certains élus s'inquiètent de la démolition de la plus grande centrale photovoltaïque de France, inaugurée en 2012, au profit d'un projet qui pourrait avoir des conséquences environnementales significatives.
Les critiques envers le projet ne manquent pas. Des élus, comme Fabien Robert, soulignent que les data centers sont des consommateurs d'énergie importants. L'ancien ministre Thomas Cazenave a également exprimé des doutes sur la volonté d'autonomie énergétique de la ville. Philippe Poutou a questionné la légitimité de la souveraineté si les investisseurs sont majoritairement privés.
La délibération pour approuver le projet a été votée avec 63 voix pour et 40 contre. Cependant, la puissance électrique nécessaire pourrait représenter 40 % de la consommation annuelle des habitants de Bordeaux Métropole, suscitant des inquiétudes sur l'impact environnemental.
Benjamin Delaux a promis que le projet intégrerait des solutions pour limiter son impact. En retraitant la chaleur fatale, il serait possible de chauffer 40 000 logements et même la pelouse du stade Atlantique. De plus, l'eau utilisée pour le refroidissement serait en circuit fermé et non potable, ce qui pourrait réduire les impacts sur les ressources en eau.
Delphine Jamet, élue déléguée au numérique, a reconnu que des impacts environnementaux sont inévitables. Elle a insisté sur la nécessité d'adopter une approche vertueuse pour ce projet, afin de répondre aux exigences environnementales tout en maintenant le projet à Bordeaux.
Le projet BXIA à Bordeaux soulève des questions cruciales sur la souveraineté numérique et l'impact environnemental. Bien qu'il promette des avancées significatives en matière d'intelligence artificielle, il doit également répondre aux préoccupations des élus et des citoyens. L'avenir de ce projet dépendra de la capacité des acteurs impliqués à trouver un équilibre entre innovation et durabilité.