
Jeudi 9 avril, une intersyndicale CGT, CFDT et FSU a tracté place Pey‑Berland, à Bordeaux. La proposition de loi visant à autoriser certains salariés de commerces à travailler le 1er mai sera examinée vendredi 10 avril à l’Assemblée nationale.
Le texte concernerait des métiers comme les fleuristes et les boulangers — des secteurs cités par les syndicats — et soulève une levée de boucliers. Sur le parvis, la colère tenait en trois mots répétés : « première brèche, scandale, précédent ». « On nous parle que de quelques secteurs, mais c’est une première brèche qu’ils ouvrent avant de s’attaquer progressivement à toutes les autres branches. C’est un scandale », lance Céline Gassin, représentante de la CFDT, la voix courte, les tracts en main.
La tension ne se limite pas à la défense symbolique du 1er‑mai, fête du Travail. Pour la CGT locale, il s’agit d’un signal politique : ouvrir une tolérance pour quelques boutiques, c’est risquer d’ouvrir la porte à d’autres assouplissements du droit du travail. « Il n’y a pas des urgences plus importantes en ce moment ? » s’interroge Stéphane Obé, secrétaire départemental de la CGT, qui profite du rassemblement pour réclamer aussi le blocage des prix de l’énergie — revendication qui rappelle que la mobilisation mêle protection des droits et préoccupations concrètes du quotidien.
Les syndicats appellent à transformer l’indignation en force de rue. Ils invitent « l’ensemble des travailleurs » à participer « massivement » à la manifestation du 1er mai à Bordeaux : départ place de la République à 10 heures, arrivée prévue place de la Victoire. Les organisateurs veulent que ce rendez‑vous soit plus qu’une protestation ponctuelle ; ils entendent l’inscrire comme un signal national, envoyé depuis les places locales.
Si la loi est adoptée, ses détracteurs craignent qu’elle ne crée un précédent difficile à contenir. Les promoteurs, eux, présentent la mesure comme limitée à quelques secteurs. Entre la défense symbolique du 1er‑mai et les urgences sociales du moment, le débat promet de durer bien au‑delà de l’Assemblée.