
Chaque 14 février, Nairobi se transforme en un océan de rouge, symbole de l'amour. Les habitants s'habillent de cette couleur ou portent des roses rouges. Cependant, une nouvelle tendance émerge : des bouquets de billets de banque, qui remplacent peu à peu les fleurs traditionnelles.
Ce phénomène ne se limite pas au Kenya. Il s'est répandu dans d'autres pays africains, suscitant l'inquiétude des banques centrales de plusieurs nations. Ces institutions ont émis des avertissements concernant les pratiques qui endommagent les billets lors de la création de ces bouquets.
La Banque Centrale du Kenya (CBK) a déclaré que les billets sont souvent collés, agrafés ou épinglés, ce qui peut entraîner leur rejet par les distributeurs automatiques. Cela représente un coût pour les contribuables, car ces billets doivent être retirés de la circulation.
Les bouquets d'argent, popularisés par des célébrités et des influenceurs, sont devenus courants pour les anniversaires et autres occasions spéciales. Angela Muthoni, fleuriste à Nairobi, note une forte demande, avec jusqu'à 20 commandes par jour avant la Saint-Valentin.
Cependant, certains Kenyans critiquent cette tendance. Haskell Austin, 24 ans, considère que cela reflète une pression sociale et préfère offrir des fleurs. Il voit le don d'argent comme un acte matérialiste.
Benjamin Nambwaya, étudiant, souligne que cette coutume peut créer des attentes irréalistes et potentiellement détruire des relations. Il préfère également offrir des fleurs, car cela représente mieux l'affection.
Odhiambo Ramogi, expert économique, évoque l'impact de notre approche capitaliste sur les traditions. La culture du don d'argent s'est intensifiée, notamment à l'occasion de la Saint-Valentin, qui est exploitée par le marketing.
Les avertissements de la CBK ont suscité de vives discussions sur les réseaux sociaux. Certains ont même partagé des mèmes humoristiques sur les bouquets de chapati. Muthoni craint que ces mesures n'affectent son activité, mais elle envisage des innovations, comme des bouquets avec des poches transparentes pour protéger les billets.
Malgré les avertissements, la culture des bouquets d'argent semble bien ancrée. Certains ont même commencé à utiliser des dollars américains pour contourner les restrictions imposées par la banque centrale du Kenya.
La tendance des bouquets d'argent au Kenya soulève des questions sur les valeurs sociales et économiques. Si certains apprécient cette nouvelle forme d'expression d'amour, d'autres s'inquiètent de son impact sur les relations. La Saint-Valentin continue d'être une occasion de célébration, mais les choix de cadeaux évoluent. L'avenir des bouquets d'argent reste incertain, mais leur popularité ne semble pas prête de diminuer.