
Dans un contexte de tensions budgétaires, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé des mesures visant à convaincre les parlementaires de soutenir son gouvernement. Ces annonces, faites vendredi, s'accompagnent de précisions de la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et du ministre de l’Économie, Roland Lescure, le lendemain.
Sébastien Lecornu a indiqué que le déficit public de la France devrait atteindre 5 % du produit intérieur brut cette année, une baisse par rapport aux 5,4 % prévus pour 2025. Toutefois, cette réduction nécessite des mesures d’économies drastiques au sein des ministères.
Pour la première fois, les dépenses des ministères en euros courants seront inférieures à celles de l'année précédente. En octobre, l'État prévoyait une augmentation de ses dépenses de 20 milliards d'euros. Les efforts à Bercy s'annoncent donc très importants, a précisé Roland Lescure.
Le gouvernement a promis qu'il n'y aurait aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages, que ce soit de manière directe ou indirecte. Sébastien Lecornu a insisté sur le fait que l'effort ne doit pas peser sur les ménages, une déclaration appuyée par Amélie de Montchalin.
Les tranches d’impôts sur le revenu seront indexées sur l’inflation, évitant ainsi un gel qui aurait pu entraîner l'entrée de 200 000 foyers fiscaux dans l'impôt sur le revenu en 2026. De plus, aucune réforme de l’abattement de 10 % pour les retraités n'est prévue.
Le gouvernement prévoit d'augmenter la prime d’activité de 50 euros par mois pour plus de 3 millions de ménages modestes, représentant un coût estimé à 2 milliards d'euros. Les allocations pour les personnes en situation de handicap ne seront pas touchées, garantissant un soutien essentiel.
Les bourses étudiantes seront maintenues pour tous les étudiants, et un repas à un euro sera proposé dans les restaurants universitaires à partir de mai. Ces mesures pourraient séduire le Parti socialiste, qui a affirmé qu'il ne censurera pas le gouvernement si les mesures annoncées ne nuisent pas aux Français.
Le Premier ministre a mis l'accent sur le logement comme une priorité, proposant des mesures d'urgence et structurelles. Il a abandonné l'idée d'une année blanche pour les allocations sur le logement (APL) et prévoit une augmentation de 400 millions d'euros pour les bailleurs sociaux.
Pour stimuler l'investissement locatif privé, un nouveau statut de bailleur privé sera créé. Le budget pour MaPrimeRénov’ sera maintenu à 3,5 milliards d'euros en 2026, assurant un soutien continu pour la rénovation.
Les allégements de charges ne seront pas modifiés, car augmenter ces charges pourrait nuire à l'emploi. Cependant, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, qui a généré 8 milliards d'euros l'an dernier, pourrait être reconduite, bien que le montant reste flou.
Les entreprises de taille intermédiaire pourraient être épargnées, mais cette incertitude inquiète les organisations patronales. Le Medef a qualifié cette surtaxe de toxique pour l'investissement et l'attractivité de la France, soulevant des inquiétudes sur l'avenir économique.
En somme, le gouvernement de Sébastien Lecornu tente de naviguer dans un contexte budgétaire délicat tout en promettant de ne pas alourdir la charge fiscale des ménages. Les mesures annoncées visent à soutenir les plus vulnérables, tout en préservant l'équilibre économique. L'avenir des relations avec les entreprises et les collectivités reste à surveiller de près.