
Le projet de budget de l’État pour 2026 fait son retour à l’Assemblée nationale ce mardi. Après un échec des discussions en fin d’année, les députés examinent le texte adopté par le Sénat. Le gouvernement espère finaliser les débats d’ici la fin janvier pour éviter un vide budgétaire. Cela est crucial pour assurer la continuité de l’État.
Le gouvernement vise un déficit public de 4,7 % du PIB en 2026, contre 5,4 % en 2025. Pour y parvenir, il prévoit environ une trentaine de milliards d’euros d’économies. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a fixé comme priorité de ramener le déficit sous les 5 % du PIB. Cependant, cela semble difficile à atteindre dans le contexte actuel.
Selon Philippe Juvin, rapporteur général du budget, le solde pourrait atteindre 5,4 % du PIB. Pour atteindre l’objectif, il faudrait trouver une douzaine de milliards d’euros, que ce soit par des recettes supplémentaires ou des baisses de dépenses.
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), instaurée en 2025, est prolongée d’un an. Elle impose un taux minimal de 20 % pour les ménages dont les revenus dépassent 250 000 euros. Le gain espéré de cette mesure est de 1,5 milliard d’euros. Les députés envisagent de la pérenniser jusqu’à ce que le déficit repasse sous les 3 % du PIB.
Le projet de budget prévoit également une taxe sur le patrimoine financier des holdings, mais son rendement a été réduit à environ 100 millions d’euros. En commission, cette taxe a été supprimée, faute d’accord pour augmenter son rendement.
La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises sera un point de friction majeur. Le gouvernement souhaite reconduire cette mesure, mais avec un rendement réduit de moitié, à 4 milliards d’euros. La gauche propose d’augmenter ce rendement à 8 milliards, tandis que d’autres veulent diminuer l’effort ou l’annuler.
Une nouvelle taxe de 2 euros sur les petits colis en provenance de pays hors de l’Union européenne a été approuvée. Le Sénat a augmenté ce montant à 5 euros, ce qui a également été accepté en commission.
Les crédits alloués aux ministères sont en baisse, sauf pour celui des Armées qui bénéficie d’une augmentation significative. Cela inclut une hausse de 6,7 milliards d’euros. Le budget de l’Intérieur et de la Justice reçoit également des augmentations, mais d’autres ministères subissent des coupes.
Le texte prévoit la suppression de 4 000 postes d’enseignants, une mesure jugée inacceptable par le Parti socialiste. Philippe Juvin propose un rabot général sur les missions budgétaires, mais peine à obtenir un consensus sur ces propositions.
Le projet de budget pour 2026 soulève de nombreuses questions et tensions. Les discussions à l’Assemblée nationale s’annoncent complexes, avec des enjeux majeurs concernant les dépenses publiques et la fiscalité. Les décisions prises auront un impact significatif sur l'économie et la société française dans les années à venir.