
La portion de la RN 83 s'étend sur environ soixante kilomètres, reliant Besançon à Poligny. Ce trajet traverse plusieurs villages du Doubs et du Jura. En sortant de l’autoroute, les automobilistes bénéficient d’un gain de 35 km et d’une économie de 20 euros en évitant le péage. Ces avantages ont attiré de nombreux chauffeurs-routiers depuis des décennies.
Cependant, face à la mobilisation des habitants et des élus, l’État a décidé d’interdire les poids lourds en transit sur cette route depuis le 1er janvier 2026. Cette décision est considérée comme « historique » par les résidents des villages concernés. François Vacheresse, habitant de Paroy depuis 1987, témoigne de l'impact de ce trafic incessant.
François Vacheresse évoque un flux de 2 500 camions par jour, principalement des chauffeurs lituaniens, polonais ou bulgares. Ces poids lourds empruntaient la RN 83 pour éviter le détour des autoroutes A39 et A36. Les comptages effectués par son association ont révélé une centaine de poids lourds par heure sur ce tronçon.
La RN 83, avec ses montées, descentes et virages, n'est pas une route tranquille. Une étude approfondie, réalisée avec l'aide des élus et des services de l'État, a mis en lumière le nombre alarmant d'accidents. En quatre ans, 40 accidents ont été recensés, dont 12 mortels, souvent impliquant des camions. La pollution atmosphérique et sonore est également préoccupante dans ces villages.
À Samson, l'une des communes affectées, certains parents ont décidé de ne plus laisser leurs enfants prendre les transports scolaires, craignant qu'un camion ne percute l'arrêt de bus. Cette situation a généré une angoisse considérable, ainsi que des bouchons et du bruit. L'étude a permis de rassembler les acteurs du transport autour d'une table, menant à l'interdiction de circulation.
Le préfet du Doubs a précisé que sans les spécificités de cette route, un arrêté n'aurait pas été envisageable. Les nombreux virages ont permis de justifier un véritable argument de sécurité routière. Depuis le 1er janvier, les camions de plus de 7,5 tonnes ne doivent plus passer par la RN 83, sauf exceptions, sous peine d’une amende de 90 euros.
François Vacheresse espère que cette mesure va réduire le nombre de poids lourds de près de 1 000 sur les 2 500 qui empruntent la route chaque jour. Cela représente une avancée considérable et une décision historique. Sur le terrain, la gendarmerie effectue déjà des contrôles presque quotidiens.
La majorité des chauffeurs respectent cette interdiction, mais quelques contrevenants semblent ignorer la décision du préfet. Pour ces derniers, les sanctions s'appliquent. L'arrêté préfectoral n'a pas de limite de temps, et un bilan sera fait dans six mois pour évaluer l'impact de cette mesure, qui semble déjà très positif.
La décision d'interdire les poids lourds sur la RN 83 marque un tournant pour les villages traversés. Les habitants, comme François Vacheresse, voient enfin une lueur d'espoir pour un avenir plus sûr et moins pollué. Les contrôles en cours et l'engagement des autorités montrent la détermination à améliorer la qualité de vie dans cette région.