
Une mère de Port Moody, en Colombie-Britannique, atteinte d'un cancer du sein au stade 4, a partagé son expérience concernant l'attente de plusieurs mois pour consulter un oncologue. Elle craint que ce délai ait coûté un temps précieux pour son traitement. Les données de B.C. Cancer montrent que, bien que les délais d'attente s'améliorent, la province reste en retard par rapport à d'autres provinces canadiennes.
La première ministre de la Colombie-Britannique a reconnu que, malgré les améliorations, le système de soins contre le cancer est toujours sous pression. Sara Gillooly, âgée de 40 ans, hésite à discuter de ses chances de survie, souhaitant protéger ses enfants, Alina et Taig, de l'angoisse. Elle souligne que les chances de survie à cinq ans pour un cancer métastatique sont de seulement 25 %.
Gillooly revient sur les huit mois écoulés depuis la découverte d'une masse dans son sein. Elle se demande si une action plus rapide aurait pu empêcher la propagation de son cancer à ses os et à ses poumons. Malgré des médecins et des chirurgiens compétents, elle déplore que les délais d'attente aient été frustrants.
Après avoir ressenti la masse en mai, elle a été diagnostiquée le 1er juillet et a subi une chirurgie le 28 juillet. Cependant, il a fallu deux mois supplémentaires avant de rencontrer un oncologue, dépassant largement le bilan national de quatre semaines. Gillooly a été informée qu'elle n'était pas une priorité, ce qui l'a déconcertée.
Ce retard a empêché le début de tests diagnostiques cruciaux, y compris un test génomique, l'Oncotype DX, qui évalue le risque de récidive du cancer. Quand elle a enfin reçu les résultats, ceux-ci indiquaient un risque élevé de retour de la maladie. En novembre, des tests ont révélé que le cancer s'était propagé à ses poumons, la laissant se demander si ces mois d'attente avaient fait une différence.
Les données de B.C. Cancer montrent que seulement 63 % des nouveaux patients ont vu un oncologue dans le délai recommandé. Pour ceux nécessitant une radiothérapie, ce chiffre est encore plus bas, à 51 %. Ce manque d'accès rapide aux soins soulève des inquiétudes parmi les professionnels de la santé.
Dr. Paris-Ann Ingledew, directrice médicale de B.C. Cancer, a déclaré que tout délai est trop long pour un patient atteint de cancer. Elle a expliqué que la plupart des interventions chirurgicales et des imageries diagnostiques sont réalisées par des autorités sanitaires régionales. Une fois le diagnostic confirmé, les patients sont référés à B.C. Cancer.
Sarah Kooner, présidente de l'Association des sciences de la santé, a exprimé sa préoccupation face à l'histoire de Gillooly, notant que de tels retards sont trop fréquents. Elle a mentionné une pénurie de professionnels dans l'imagerie diagnostique, ce qui contribue à des goulets d'étranglement dans le système de santé.
Pour réduire les délais d'attente, la province a commencé à envoyer des patients à Bellingham, Washington, pour des traitements. Actuellement, plus de 90 % des nouveaux patients commencent leur radiothérapie dans les quatre semaines, une amélioration par rapport à 75 % en décembre 2023. Cependant, les délais restent parmi les plus longs au Canada.
Le premier ministre David Eby a affirmé que des améliorations ont été apportées, avec l'embauche de centaines de médecins et de techniciens. Quatre nouveaux centres de cancer doivent ouvrir dans les prochaines années, mais malgré ces efforts, le système reste sous pression.
Le témoignage de Sara Gillooly met en lumière les défis auxquels sont confrontés les patients atteints de cancer en Colombie-Britannique. Les délais d'attente pour consulter un oncologue et recevoir des traitements sont préoccupants. Bien que des efforts soient déployés pour améliorer la situation, il est essentiel de continuer à prioriser l'accès aux soins pour les patients en besoin urgent.