BUENODIA

Carney parle franchement de ses relations avec Trump

Mark Carney s’exprime devant des micros, avec Donald Trump en arrière-plan sur un écran.

« Avec respect, mais sans servilité » : la ligne claire de Mark Carney

Lors d'une intervention mercredi soir en Australie, Mark Carney n’a pas hésité à poser sa position avec une formule tranchante : « Avec respect, mais sans servilité. » Par ces mots il cherchait à résumer une relation délicate, où la reconnaissance de l’autorité s’accompagne d’une distance de principe.

Prudence rhétorique face à un président affirmé

En campant d’emblée sur cette ligne, il a voulu dire deux choses à la fois : d’une part que Donald Trump est un président élu et un politicien pleinement capable de convaincre, et d’autre part que l’on doit manier la parole avec une extrême prudence lorsqu’on s’adresse à lui. Ainsi, la posture n’est ni de la complaisance ni du mépris, mais un équilibre calculé.

Il a insisté sur un exemple précis pour illustrer ce point : la certitude — chez M. Trump — d’avoir remporté l’élection de 2020. « Il a été élu à deux reprises. Il dirait “élu à trois reprises”. C’est vraiment ce qu’il dit, » a-t-il raconté, soulignant la ténacité de cette revendication et les complications qu’elle ajoute aux échanges publics.

Un interlocuteur plus ouvert en privé, selon Carney

Le principal intéressé a ajouté qu’il est difficile de parler de Donald Trump sans prendre la peine de réfléchir à deux fois au ton et au vocabulaire employés. En effet, il faut choisir ses mots et adapter son langage à son interlocuteur, surtout lorsqu’il s’agit de négocier des dossiers sensibles.

Selon Mark Carney, l’homme se révèle parfois différent hors de la scène : en privé, il peut se montrer curieux, demandeur d’avis et prêt au débat, ce qui, paradoxalement, facilite la progression de certains dossiers. « Cela permet de faire avancer des dossiers, mais ce n’est pas facile, entendons‑nous bien, » a‑t‑il ajouté, mesurant l’effort requis pour transformer ce terrain en résultats concrets.

Une pointe d’ironie sur les ovations

Avec un humour froid et une observation cinglante, il n’a pas manqué d’évoquer la préoccupation du président pour les réactions de foule : après un accueil chaleureux reçu à Davos en janvier, il a plaisanté que l’ovation réservée à M. Trump avait été encore plus imposante, renvoyant ainsi à l’obsession du chef d’État pour les acclamations publiques.

Des propos qui s’inscrivent dans un contexte diplomatique tendu

Ces remarques interviennent alors que la scène internationale est marquée par des tensions : le premier ministre du Canada a approuvé sans équivoque les frappes américaines contre l’Iran ce week‑end, avant de nuancer sa position et d’exprimer le souhait d’une désescalade rapide. Le chef du gouvernement a par ailleurs nié que ce soutien ait été motivé par la volonté de s’attirer les faveurs de M. Trump.

Où il l’a dit et quel est l’agenda

Les déclarations de Mark Carney ont été faites lors d’une séance de questions‑réponses organisée par un groupe de réflexion en Australie. Avant cette escale, il s’était rendu en Inde et s’apprête à terminer son périple par une visite au Japon, troisième et dernière étape d’un voyage de dix jours.

Entre prudence verbale et lecture attentive des personnalités en présence, ses propos offrent une fenêtre sur la manière dont certains acteurs de la sphère publique appréhendent les rapports avec un président à la fois influent et imprévisible.

Publié le : 4 mars 2026
link