
Le gouvernement a approuvé un décret-loi qui permet de plafonner les prix des services et produits en cas d'urgence. Cette décision, proposée par le ministre des Droits Sociaux, Pablo Bustinduy, a suscité une irritation immédiate parmi de nombreux secteurs, notamment celui des grands magasins.
Ce décret stipule que lors d'événements d'urgence, tels que l'accident d'Adamuz ou la Dana, les prix ne pourront pas dépasser le maximum atteint au cours des 30 derniers jours, ni excéder de 50% la moyenne de cette période. Bustinduy a précisé que les situations de plafonnement des prix incluront non seulement celles déclarées comme des urgences de protection civile, mais aussi celles déterminées par le Conseil des Ministres.
La Distribution, regroupant des enseignes comme El Corte Inglés, Carrefour et Ikea, a réagi avec indignation. Elle a élaboré une analyse juridique défavorable et critique non seulement Bustinduy, mais aussi le ministre de l'Économie, Carlos Cuerpo, pour avoir permis cette nouvelle réglementation. Selon des sources autorisées, cette intervention des prix est perçue comme une mesure idéologique sans solutions pratiques pour gérer efficacement les crises futures.
Matilde García Duarte, présidente de l'association, affirme que le gouvernement agit sans consultation préalable avec ce secteur économique crucial. Malgré une récente réunion au ministère de l'Économie, aucune discussion sérieuse sur cette réglementation n'a eu lieu. L'association a même proposé un protocole de gestion de crise axé sur la sécurité d'approvisionnement et la logistique.
Ce décret-loi place les entreprises dans une position de vulnérabilité et présume de leur mauvaise foi en cas de crise. Pourtant, la réalité est différente : des secteurs comme la distribution ont toujours garanti un approvisionnement sûr, même dans des contextes difficiles comme la pandémie de Covid ou la Dana. L'association critique cette approche, soulignant que le décret ne tient pas compte des efforts fournis par le secteur.
Bustinduy défend que son décret élargit une réglementation mise en place après la Dana pour prévenir les abus liés aux VTC et aux logements temporaires. Cependant, le secteur de la grande distribution, qui emploie 240 000 personnes, craint une instabilité juridique due à cette nouvelle loi, qui pourrait compromettre leurs opérations.
Selon Bustinduy, le texte offre une flexibilité en permettant des augmentations de prix, mais uniquement si elles sont justifiées par une augmentation des coûts. Il a précisé que ces augmentations ne doivent pas entraîner une hausse des marges bénéficiaires. Toutefois, cette approche est contestée par des acteurs du secteur qui craignent une application arbitraire de ces nouvelles règles.
La fédération catalane Foment a rapidement exprimé ses préoccupations. Elle estime que ce décret représente une menace pour la sécurité juridique et appelle à son retrait. Foment a souligné que cette limitation des prix pourrait entraîner des interventions discrétionnaires basées sur des critères flous tels que l'urgence ou le risque, ouvrant ainsi la porte à des applications imprévisibles.
En conclusion, le décret-loi sur le plafonnement des prix en cas d'urgence suscite de vives réactions au sein du secteur de la distribution. Les entreprises craignent pour leur sécurité juridique et dénoncent une mesure qui pourrait nuire à leur capacité à gérer efficacement les crises. Le débat sur cette réglementation est loin d'être terminé et pourrait avoir des conséquences significatives pour l'économie.