
La controverse sur la "financement singulier" pour la Catalogne est de retour. Ce sujet a failli faire dérailler le Congrès fédéral du PSOE en fin d'année 2024. Les dirigeants territoriaux du parti, critiques d'un modèle jugé privilégié, ont réussi à exclure le principe de "ordinalité" de la résolution politique adoptée à Séville.
La "ordinalité" signifie qu'une communauté ne doit pas perdre de positions en termes de revenu par habitant à cause des mécanismes de nivellement. Pourtant, le leader d'ERC, Oriol Junqueras, a annoncé avoir obtenu des négociations avec le gouvernement, promettant 4,700 millions d'euros supplémentaires pour les familles catalanes.
La vice-présidente et ministre des Finances, María Jesús Montero, a reconnu que le modèle de réforme du système de répartition des fonds tend vers ce principe. Cependant, elle a précisé que cela ne sera pas appliqué à toutes les autonomies, citant Madrid comme exemple.
Emiliano García-Page a mis en garde contre la défense de l'ordinalité, la qualifiant de chantage indépendantiste. Il a souligné que ce débat a déjà été largement tranché au sein de l'organisation. Malgré les critiques, il rappelle que d'autres ont partagé ses préoccupations par le passé.
Lors d'une réunion avec son exécutif, Sánchez a partagé l'argumentaire qu'il souhaite voir répété à travers les territoires. Ce dernier alerte sur le danger du débat sur le financement, surtout avec les élections régionales à venir.
La position officielle du PSOE est que le modèle proposé est plus juste et plus solidaire. Il prévoit un accroissement de 21,000 millions d'euros pour que toutes les communautés aient plus de ressources, dont 70% sont dirigées par le PP. Page a également confirmé que l'augmentation des fonds est nécessaire après 11 ans de retard dans la réforme.
Il a souligné que la situation actuelle est normale et juste, mais a critiqué l'idée de masquer une trappe en soutenant un privilège comme l'ordinalité. Les dirigeants nationaux du PSOE estiment qu'il est logique que les présidents socialistes demandent davantage pour leurs territoires tout en faisant face à des défis complexes.
Adrián Barbón, un autre dirigeant socialiste affecté par la modification du modèle de financement, reste silencieux. Cependant, il a toujours affirmé qu'il n'accepterait un accord que s'il était "sans privilèges" et "sans discriminations" pour l'Asturies. Son exécutif autononique pourrait officialiser cette position lors du Conseil de Politique Fiscale et Financière.
Le PSOE d'Extremadura, dirigé par une gestion intérimaire, a également exprimé son opposition au principe de l'ordinalité, plaidant pour l'équité et la justice fiscale. Carlos Martínez, candidat en Castille et Léon, a rejeté la nouvelle proposition de financement, la jugeant insuffisante et injuste.
La question du financement singulier pour la Catalogne soulève des défis complexes au sein du PSOE. Les tensions entre les différentes communautés et les dirigeants du parti montrent que la route vers une solution équitable est semée d'embûches. Le débat sur la justice fiscale et l'équité continuera d'être un sujet brûlant dans les mois à venir.