
Le mythe des céréaliers nantis s'effondre. Pour la troisième année consécutive, les producteurs français de blé ne parviennent pas à vivre de leur production. Cette situation représente un séisme dans le premier pays producteur de céréales de l'Union européenne. Éric Thirouin, président de l'AGPB, souligne que nous sommes au bord de l'effondrement économique.
Vincent Bouvrain, agriculteur près de Provins, résume la situation : « Je vends mon blé au même prix que mon père, mais avec des charges qui ont explosé ». Les céréales à paille, comme le blé et l'orge, représentent plus de 50 % de ses cultures. Il estime qu'il ne travaillerait pas à perte s'il pouvait vendre son blé à au moins 200 euros la tonne.
Actuellement, il ne reçoit que 160 à 170 euros en raison des prix bas sur les marchés mondiaux. Les céréaliers, autrefois privilégiés, sont désormais les plus mal lotis, avec le plus bas revenu de toutes les filières agricoles, selon l'AGPB.
Plusieurs facteurs expliquent cette dégringolade. Après l'invasion de l'Ukraine, les prix des céréales et des engrais ont flambé. Cependant, en 2023, la situation s'est retournée. Les coûts de production restent élevés, tandis que les prix mondiaux sont en repli.
Les marchés sont rassurés quant à l'approvisionnement en blé, avec la reprise des activités des ports céréaliers de la mer Noire. En 2024, la France a enregistré sa pire récolte de blé en 40 ans, avec seulement 26 millions de tonnes.
Les rendements sont revenus à la normale en 2025, mais les prix continuent de baisser. Philippe Heusèle, secrétaire général de l'AGPB, rappelle que les coûts de production augmentent. Le prix de l'urée, référence mondiale des engrais, a augmenté de 85 % par rapport à il y a cinq ans.
Éric Thirouin indique que pour la troisième année consécutive, les revenus des céréaliers sont dans le rouge. En 2024, le revenu courant avant impôt est négatif pour les céréales, avec une perte moyenne de -6 800 euros.
Éric Tire-joint appelle l'État à agir d'urgence. Près de 50 000 exploitations affichent un revenu négatif, ce qui représente un véritable plan social. Fabrice Moulin, agriculteur, résume sa détresse : « La première année on tient, la deuxième on pioche dans la trésorerie, mais là, on arrive au bout de l'histoire ».
La situation est critique et nécessite des mesures tant au niveau national qu'européen pour soutenir les producteurs de céréales.
La crise des céréaliers en France est alarmante. Les producteurs souffrent de la baisse des prix et de l'augmentation des coûts. Il est essentiel d'agir rapidement pour éviter un effondrement complet de ce secteur vital pour l'économie française.