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« C’est du bidon ! » : au procès de la DZ Mafia

Prévenus de la DZ Mafia encadrés par des gendarmes dans une salle d’audience, au procès.

Deux silhouettes encagoulées dans un hôtel à Plan-de-Campagne

La caméra ne ment pas. Sur les images, deux silhouettes encagoulées avancent dans le hall silencieux d’un hôtel bas de gamme à Plan-de-Campagne.

L’un, nommé « XA » par les enquêteurs, porte une cagoule, un sweat marine et un pantalon de sport fuselé, avec des bandes réfléchissantes au bas des mollets. L’autre, plus grand et baptisé « XB », longe le comptoir de réception, un pistolet tenu à la main, canon pointé vers le sol.

Les victimes traquées avant l’aube

Le 30 août 2019, Farid Tir et son ami Mohamed Bendjaghlouli dormaient dans la chambre 120. Les deux hommes, traqués depuis des jours et soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de stupéfiants, se cachaient dans cet hôtel de passage. La vidéosurveillance les montre vulnérables : l’aube n’est pas encore levée quand les tueurs entrent et ouvrent le feu.

L’exécution, froide et méthodique

L’exécution est méthodique et brutale. Les corps seront retrouvés dans leurs lits, abattus sans sommation.

Les images, factuelles et glaciales, servent aujourd’hui de pièce maîtresse pour reconstituer la séquence : l’arrivée des deux hommes masqués, la progression mesurée dans les couloirs, la porte qui s’ouvre sur la chambre 120. Aucune effusion verbale, juste l’efficacité d’un geste préparé.

Des commanditaires présumés liés au narcotrafic marseillais

L’affaire dépasse ce fait divers. Les victimes sont présentées comme des trafiquants ciblés par leurs rivaux, et les auteurs présumés seraient « aux ordres de barons du narcotrafic marseillais ».

Cette hypothèse jette une lumière crue sur l’organisation et la chaîne de commandement qui peuvent précéder des assassinats ciblés dans le milieu. Elle explique aussi la froideur de l’opération : ce n’était pas un règlement de comptes improvisé, mais une mission.

Du film aux responsabilités judiciaires

Le procès et l’enquête cherchent à transformer ces images en responsabilités judiciaires. Les visages restent cachés derrière des cagoules ; reste la chronologie implacable : arrivée, repérage, passage à l’acte. Les policiers et les magistrats disposent désormais d’un film net — et d’un mobile affiché — pour tenter de remonter jusqu’aux donneurs d’ordre.

Le 30 août 2019, Farid Tir et Mohamed Bendjaghlouli ont été abattus dans la chambre 120 d’un hôtel à Plan-de-Campagne. La vidéosurveillance a filmé deux hommes cagoulés, désignés « XA » et « XB ». La mise en scène, la précision du coup et le contexte narcotrafiquant rendent cette affaire plus qu’un fait divers : c’est un fragment d’une guerre silencieuse où les images valent preuves, et où démêler qui a ordonné quoi reste la clé pour faire tomber les responsabilités au grand jour.

Publié le : 8 avril 2026
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