
Depuis la fin de l’ère post-Covid, la filière viticole traverse une crise sans précédent. Environ 266 millions de bouteilles de Champagne ont été expédiées en 2025, soit 60 millions de moins qu’en 2022. Ce chiffre représente également une baisse de 5 millions par rapport à 2024.
Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons, souligne que « tous les pays sont en baisse, mais l’Europe résiste mieux ». Le marché français reste solide, représentant 44 % des ventes, soit 114 millions de cols. Malgré cela, le chiffre d’affaires atteint 5,7 milliards, ce qui permet de garder le cap.
La crise des expéditions est multifactorielle. Les raisons géopolitiques, comme les taxes américaines imposées par le président Trump, jouent un rôle important. De plus, le contexte économique mondial actuel n’aide pas. Maxime Toubart déclare : « Le champagne n’aime ni les crises, ni les guerres ». La filière viticole française est donc essorée.
Cependant, Toubart reste optimiste. Il affirme que « nous aurons toujours besoin de champagne », car celui-ci est synonyme de célébration et de fête. Néanmoins, une tendance inquiétante émerge : les jeunes consomment de moins en moins de champagne.
Le début de l’année a été marqué par l’instauration du Dry January, ce qui a des répercussions sur la consommation de champagne. Maxime Toubart note que « ce n’est pas un phénomène qu’on découvre », mais que ce mois sans alcool a un impact réel sur le commerce. Les jeunes font de plus en plus attention à leur consommation.
Depuis dix ans, une courbe de consommation en baisse se dessine, incitant la filière à réfléchir à de nouvelles stratégies. Il est essentiel de s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation pour maintenir la vitalité du marché.
Pour contrer cette tendance, l’ouverture de nouveaux marchés, notamment en Amérique du Sud, pourrait être une solution. L'accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur représente une opportunité. Les accès bilatéraux signés pourraient permettre de réduire les droits de douane, qui varient de 16 à 35 % selon les pays.
Cette réduction des coûts pourrait offrir un potentiel de développement significatif pour toute la filière viticole. L'exploration de nouveaux marchés est donc une voie à envisager pour relancer les ventes de champagne.
La filière viticole française fait face à des défis importants, mais elle possède des atouts indéniables. La nécessité d’adapter les stratégies de vente et d’explorer de nouveaux marchés sera cruciale pour l'avenir. Le champagne, symbole de célébration, continuera d'être apprécié, mais il faudra s’adapter aux nouvelles tendances de consommation.